Ouille, ouille, ouille, je n’ai pas aimé ce film. Je sens venir les commentaires haineux en réponse (allez hop, je désactive les commentaires, problème réglé).

Polisse, ce drame français incontournable, a fait couler beaucoup d’encre à sa sortie. Je ne compte plus les extraits que j’ai vus, au point que le film me semblait déjà familier lors de ce premier visionnage. Pas besoin de refaire une présentation exhaustive : réalisatrice, Maïwenn ; Prix du Jury à Cannes ; deux César (dont celui du montage… sérieusement) ; et un synopsis simple mais percutant : la vie professionnelle d’une brigade de protection des mineurs à Paris, entre traque de pédophiles et conséquences psychologiques pour les policiers.

Le film a le mérite d’être audacieux, en abordant de front un sujet extrêmement anxiogène, voire repoussant. Entendre parler pendant deux heures de violences faites aux mineurs, avec des viols, des bébés morts, et d’autres atrocités, relève d’un sacré défi pour le public (surtout des bisounours comme moi). Et là-dessus, la réalisatrice parvient à capter l’attention de manière étonnante. Polisse n’a pas vocation à être « aimé » au sens classique du terme, soyons honnêtes. Mais pour ma part, il m’a surtout rebuté, et pas tant à cause du sujet, mais en raison de sa réalisation chaotique.

Le film est un véritable fouillis : les acteurs parlent en même temps, beaucoup de scènes semblent improvisées au point de devenir brouillonnes, et cela nuit à la crédibilité de certains moments-clés. Les répliques tombent à plat, il y a un manque flagrant de sobriété et de nuances, tout est trash. Les arcs secondaires, traités en marge d’un scénario déjà fragmenté, sont souvent abandonnés en cours de route. Prenons l’exemple de l’histoire d’amour entre Fred et la photographe (interprétée par Maïwenn elle-même) : elle est développée dans la première partie du film, pour ensuite disparaître sans explication. Que leur arrive-t-il ? Le film semble alors trop occupé avec d'autres protagonistes, et il se termine sur une scène dure et choquante, mais sans véritable conclusion, ce qui m’a semblé à la fois facile et frustrant. Même si j'ai carrément sur le cul.

Concernant la performance des acteurs, je dois dire que je n’ai pas été convaincu, sauf rares exceptions. Globalement, cela illustre tout ce que je déteste dans la tradition du cinéma français : un laisser-aller souvent confondu avec ce qu'on appelle « film d’auteur ». La direction d’acteurs est brouillonne, et cela se ressent tout au long du film. J’ai trouvé que c’était mal écrit : chaque personnage semble inévitablement éclater en colère à un moment donné, et cette montée d’émotion finit par devenir répétitive. On pourrait intervertir les personnages sans que cela change grand-chose : même énergie, même colère, mêmes répliques.

Au-delà du sujet principal – la violence sexuelle sur les enfants – le film prétend également dresser un portrait de la précarité sociale. Malheureusement, cet aspect m’a paru démagogique et simpliste, traité sans aucune retenue ni véritable réflexion. Il se contente de montrer des situations sordides avec une obscénité troublante, sans grande profondeur. Pour moi, c’est un raté, et j'ai bien du mal à m'expliquer le succès de ce film.

Je ne dirais pas que Polisse est un mauvais film au sens absolu, mais on n'est pas loin d'une bonne grosse bouse. Une bouse dans laquelle toute les critiques se sont roulés. Mais en réalité, soyons sérieux, et au delà du sujet délicat (qui je crois à fait mouche), si nous considérons les aspects techniques de cette production, reconnaissons que c'est surtout très mauvais. Cela n’a rien à voir avec une incompréhension de ma part – je tiens à préciser que j’ai bien saisi les intentions de la réalisatrice. Simplement, l’ambiance, le montage et le désordre général de cette production ne m’ont pas du tout convaincu. J'ai pas aimé, mais je suis pas un bâtard, je met tout de même 4 étoiles pour l'audace, et pour le fait que j'ai tenu jusqu'au bout sans aucune difficulté.

Créée

le 29 nov. 2024

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Casse-Bonbon

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