Jeu de mots facile et réponse immédiate :
OUI ! Le bonheur est dans le Prey.
Oui car j'ai fait la rencontre du Predator le 26 Octobre 1993, soir mémorable de mes 12 ans, où se levait la restriction appliquée au pied de la lettre par mes parents. Je n'avais pas dormi de la nuit. Dans mon imaginaire, il y a deux créatures : le Xénomorphe de la saga Alien et le Yautja des Predator. L'un comme l'autre représentent à mes yeux la quintescence de la machine à tuer à tel point qu'il est difficile, peu importe leurs opposants, de voir dans les affrontements auxquels on assiste, une quelconque égalité.
Les dés sont pipés ! C'est de la triche.
Ainsi, depuis cet affrontement mémorable contre Schwarzie sous le regard antimilitariste de John McTiernan, l'extraterrestre impitoyable garde une saveur toute particulière pour moi. Si chacune de ses nouvelles aventures cinématographiques me faisait toujours frétiller, elle m'apportait aussi tristesse et déception. Il y eu Predator 2 certes, mais il y a bien longtemps que mes espoirs n'étaient plus que des cendres éparpillées par Nimrod Antal et Shane Black (au casting du premier) après les tristes crossovers Alien VS. Predator
Pourtant, Dan Trachtenberg, sous l'égide de Disney réussit ici à redonner ses lettres de noblesses à ce bon chasseur venu d'ailleurs même si on sent plâner l'ombre des grandes oreilles à travers ce besoin de "représenter" ceux qui le sont moins (surtout lors du générique final à la sauce Vaiana).
Retour sur terre donc, à une période antérieure à la guerre du Vietnam puisqu'on est projeté ici en 1719, dans les grandes plaines d'amérique du nord, sur les traces de Naru (Amber Midthunder), jeune comanche désireuse de s'affranchir de son destin de femme au tipi pour devenir une guerrière reconnue par les siens, à l'image de son frère Taabe (charismatique Dakota Beavers).
Ce prequel aux quatre précédents films nous replonge en pleine nature et installe doucement l'inévitable rencontre entre cette jeune fille et ce monstre furtif à la technologie avancée.
Bien entendu, le combat est inégal, nous le savons, mais Patrick Aison et Dan Trachtenberg l'ont bien compris. Tout comme Naru qui s'inquiète assez rapidement des traces laissées par son futur opposant, le scénariste et le réalisateur prennent le temps de le présenter aux novices en insistant sur le déséquilibre de l'affrontement futur jusqu'à une scène magistrale dans les herbes hautes d'une plaine en vue aérienne. Il reste d'ailleurs au terme de ce visionnage quelques moments assez marquants et des combats plutôt bien chorégraphiés où nos amis comanches se démènent entre membres volants et morceaux de bravoures.
Au-delà du film et du scénario, des acteurs plutôt convaincants, le Yautja à abattre reste le point central et c'est avec plaisir qu'il est ici réhabilité tout en voyant son armement et son masque réadaptés à l'époque et à ses opposants. Des changements bienvenus qui accompagnent ce retour dans l'esprit survival.
Quelques clins d'oeil viennent même très subtilement agrémenter le tout sans jamais tomber dans le pastiche et la lourdeur.
Si ça saigne, on peut le tuer !
Raphael Adolini.
C'est donc un grand oui. Même s'il ne possède en rien la force et bien entendu l'originalité du premier, Prey constitue enfin un film digne du chef d'oeuvre de 1987. Sarah Schachner n'est pas Alan Silvestri mais elle compose une bande originale qui accompagne pleinement cette nouvelle traque. Naru n'est pas Dutch, surtout dans le dernier acte bestial et primaire qu'offrait McTiernan à Arnold Schwarzenegger mais elle donne à la saga une héroïne consistante à des lieux d'un Boyd Holbrook ou d'un Adrian Brody.
Une bien belle surprise donc. Un film clair, net et preycis.