John Rambo,ancien para des forces spéciales traumatisé par ce qu'il a vécu lors de la guerre du Vietnam,a été condamné aux travaux forcés après avoir saccagé la ville de Hope dans le premier "Rambo" sorti trois ans plus tôt.Mais son ancien supérieur,le colonel Trautman,vient lui proposer une libération s'il accepte une mission secrète consistant à retourner en Asie pour y repérer des camps où les vietcongs garderaient encore des soldats américains en captivité alors que la guerre est terminée.Toujours partant pour une bonne baston,John accepte volontiers mais tout ne sera pas aussi simple que prévu.Après le succès du film initial,cette suite très attendue fut un des méga cartons des années 80,provoquant une véritable ruée vers les salles.Cette fois-ci,contrairement à "Rambo",il s'agit d'un vrai Vietnam movie,dont le thème,la libération des militaires détenus clandestinement par les viets,était très porteur à l'époque car ce film avait été précédé par "Retour vers l'enfer" en 83,de Ted Kotcheff qui venait de faire....."Rambo",et "Portés disparus" en 84 avec Chuck Norris,rien que des hits.Ici Kotcheff est remplacé derrière la caméra par George Pan Cosmatos,pas un génie mais un excellent spécialiste du film d'action,tandis que Sylvester Stallone,en plus de tenir le rôle principal,est à nouveau scénariste mais avec un autre coauteur nommé James Cameron,tous deux adaptant une histoire de Kevin Jarre.Jerry Goldsmith retrouve son poste de compositeur de la BO.Ce sont toujours Mario Kassar et Andrew Vajna,les patrons de la mythique Carolco,qui produisent alors que des cadors apparaissent à la photo et au montage avec l'arrivée de Jack Cardiff et Mark Goldblatt."La mission" est un des derniers grands films de guerre à l'ancienne.Très violent et réaliste,plein de pyrotechnie,de vrais figurants et de cascades réelles,il constitue un spectacle total particulièrement jouissif.Pas d'effets numériques à l'époque,et pas de super héros totalement invincible car Rambo,même s'il l'emportera évidemment à la fin,va salement morfler et se colleter à des adversaires solides et crédibles.Se heurtant à des pirates,des vietcongs,des russes et même des américains,sans parler des serpents,il sera frappé,blessé,torturé,trahi et verra mourir sa copine sans avoir eu le temps de conclure.Cosmatos orchestre le tout avec un sens aigu du plan et de la narration,utilisant à merveille la jungle moite et humide du Mexique,puisqu'on n'a pas tourné en Asie,narrant avec une grande clarté et une belle lisibilité les rebondissements bien imaginés par les auteurs.On a beaucoup reproché à cette sequel de tout sacrifier au spectaculaire,ce qui est inexact.Certes c'est ce qui prime mais c'est tellement bien fait qu'il est difficile de s'en plaindre,les images iconiques puissantes mises en place traversant le temps.Qui ne se souvient de Stallone vu de dos nouant son bandeau en faisant saillir son incroyable musculature?Comment oublier ses nombreux camouflages qui le font disparaître dans le décor,ou cette séquence de torture qui le voit passé à la gégène,les bras en croix tel Jésus?Ou le bombardement du camp?Ou le duel d'hélicoptères?Sans oublier les sentences définitives prononcées par Rambo ou Trautman,"cette fois,on y va pour gagner",ou "ce que vous appelez l'enfer,c'est chez lui".Et puis même si ce n'est pas essentiel,il y a une réflexion de fond qui est dans le prolongement du "First blood" de 82.Après tout,de quoi parle-t-on ici?Du mépris de l'administration américaine pour les vétérans,des manoeuvres politiques destinées à faire oublier cette sale guerre,de l'abandon des prisonniers US à leur triste sort,autant de sujets dans la droite ligne du film de Kotcheff.En fin de compte,cette suite est certes moins bonne que l'original,moins organique,moins profonde,mais ça reste du haut niveau et équivaut à ce qu'est "Aliens" par rapport à "Alien",pas étonnant dès lors qu'on retrouve là Cameron au scénario.La distribution,très virile,concentre de la testostérone à haute dose.Il y a Stallone bien sûr,dans le deuxième grand rôle de sa vie après "Rocky".L'acteur est fantastique en soldat aussi fruste en société qu'il est à l'aise sur le terrain et incarne idéalement l'esprit de discipline et de sacrifice consubstantiel à la chose militaire.S'il se donne autant physiquement,c'est peut-être aussi pour expier sa mauvaise conscience car,étrangement,le jeune Sly s'était en son temps planqué en Suisse afin d'échapper à l'enrôlement pour le Vietnam.Il a auprès de lui Richard Crenna,qui reprend également son personnage de "First blood",l'imperturbable et inflexible colonel Trautman,cette vieille baderne de Charles Napier,parfait en fonctionnaire faux-jeton,,Steven Berkoff,spécialisé dans les méchants,voir notamment "Le flic de Beverly Hills",est impeccable en officier russe tortionnaire,et Martin Kove,l'affreux prof de karaté de "Karaté Kid",interprète idéalement un mercenaire pas net.Quelques kilos de douceur dans ce monde de brutes avec la jolie Julia Nickson,qui ne fera pas une grande carrière et s'illustrera surtout en victime de violences conjugales exercées par son mari David Soul,le Hutch de "Starsky et Hutch".