"L'arme fatale" et son succès planétaire ont ouvert la voie au " Buddy Movies", le procédé n'étant pourtant pas nouveau, mais le duo interracial instigué par les flics Murtaugh (Danny Glover) et Riggs (Mel Gibson) a fait des émules. En 1988, Roger Spottiswoode ("Turner & Hooch", "A l'aube du sixième jour") emboîte le pas de Richard Donner en propulsant Warren Stantin (Sidney Poitier) un agent du F.B.I sur les traces d'un tueur sans visage. Après avoir assassiné deux personnes, le tueur prend la fuite. Au même titre que "L'arme fatale", le prologue du film est tendue et épuré, pas de place pour de l'humour, les autorités ont affaire à un tueur impitoyable qui n'a rien à perdre. Après quelques heures, les enquêteurs retrouvent la trace du fugitif dans l'État de Washington longeant la frontière canadienne. L'homme aurait pris part à un trekking dans les montagnes avec un guide et plusieurs touristes. Stantin en charge de l'investigation doit faire équipe avec Jonathan Knox (Tom Berenger), un montagnard pas très loquace. Knox veut absolument retrouver Sarah (Kirstie Alley), guide elle aussi, partie plus tôt avec les touristes. Knox, le misanthrope et Stantin l'arrogant (l'acteur n'hésite pas avec les clins d'oeil sur sa filmographie, notamment "Dans la chaleur de la nuit" sans jamais le citer !) vont finir par faire équipe. À partir de là, les codes du "buddy movies" vont se dérouler pour notre plus grand bonheur. Roger Spottiswoode enchaîne les points de vue. D'un côté, la progression difficile des deux hommes à travers les montagnes laisse place à quelques moments drôles (parfois même, le film se permet un humour communautaire, chose impossible aujourd'hui), mais n'en oublie pas pour autant la dureté de l'épreuve. De l'autre, le réalisateur entretient le suspense et la suspicion (qui est le tueur ? ) pour mieux rompre le ton du film et transformer le récit en un véritable Survival dans sa dernière ligne droite. Trente ans après, le long-métrage a pris quelques rides et n'est pas exempt de défauts et de coquilles scénaristiques, mais l'ensemble se savoure avec toujours cet arrière-goût de souvenirs.

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le 7 févr. 2018

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