Repo Men, don d'organe à crédit

Le corps humain est une machine qui parfois déraille. Heureusement The Union à mis au point « pour vous et votre famille » des organes artificiels améliorés. Certes les prix pratiqués sont importants mais des modalités de paiement existent. Si vous acquitte vos mensualités, il n'y aura aucune raison pour qu'un « Repo Man », employé de The Union, vienne pratiquer une intervention chirurgicale à domicile pour saisir vos organes impayés.

Tiré d'un livre et adapté par l'auteur, Repo Men possède une idée de base très séduisante. Le cynisme et l'efficacité de cette multinationale de location d'organes sont savoureux. Voir Jude Law, enfiler une paire de gants chirurgicaux avant de pratiquer à l'ablation d'un rein sur la moquette du salon, jouissif. Le film se complaît d'ailleurs largement dans ses scènes de charcuterie humaine moins dérangeantes qu'amusantes.

En marge de ce postulat de base, Repo Men à aussi l'ambition de décrire une science-fiction proche et stressante. Ce qu'il fait avec assez de réussite, présentant une ville et une société du milieu du XXIe siècle comme une simple progression dans l'extrême de notre société moderne.

Une fois le procédé expliqué, l'intrigue débute réellement lorsque la femme du héros incarné par M.Law lui demande d'accepter un poste de bureau. Tiraillé entre ce qu'il à toujours fait sans états d'âme avec son pote de toujours, Forest Whitaker, et ses obligations familiales, le personnage se met à douter du bien fondé de son métier avant de partir en croisade contre son employeur.

C'est là que le film se perd parfois : au point de rencontre entre les ambitions de décrire un monde et le passage obligé d'une intrigue personnelle. À l'image du récent District 9, la force de l'univers mis en place réduit ensuite la portée de la quête du héros. La fin est, à ce titre, assez mal amenée.

Mais ces quelques faiblesses scénaristiques n'empêchent pas Repo Men d'être un film efficace. Son propos et son univers sont particulièrement soignés. La franche barbarie qui pimente les scènes d'action fait plaisir à voir. Le tout constitue un petit film de science-fiction « moderne » très honnête. On n'est pas si loin d'un Children of Men où d'un Gattaca. D'autant plus une bonne surprise qu'on ne l'attendait pas forcement, le film étant précédé d'une promotion française quasi inexistante et très peu distribué. Ne tardez donc pas pour le voir.
Acariatre
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le 6 août 2010

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