Antoine de Saint-Exupéry travaille pour l’Aéropostale. Il tente de retrouver son ami également aviateur, Henri Guillaumet, disparu lors d’un vol dans la cordillère des Andes.
Le film Saint-Ex dépeint avec une esthétique chryséléphantine les annales argentines d'Antoine de Saint-Exupéry, s'évertuant à tisser une trame narrative poétique autour de l'existence de cet homme singulier. Bien que mon intérêt intrinsèque pour les péripéties aéronautiques demeure d'une constance atone – je dois d'ailleurs confesser une certaine froideur face aux envolées lyriques de productions telles que Top Gun –, je dois admettre une fascination certaine pour la propension inventive du protagoniste. Sa tentative particulièrement probante d'imiter le vol majestueux du condor, par exemple, témoigne d'une imagination fertile et d'une créativité de casse-cou indéniables.
Par ailleurs, le métrage s'échine à ériger une ode à la camaraderie liant deux pionniers de l'aviation, illustrant avec une délicatesse appréciable les affinités électives et le soutien mutuel qui émaillaient leurs existences aventureuses. L'intention manifeste de la réalisation semble avoir été de transcender la simple biographie factuelle pour insuffler une dimension onirique et contemplative à cette période argentine. On pourrait arguer que le film parvient à s'élever au-dessus de la simple narration chronologique, même si, pour ma part, l'attraction gravitationnelle de mon désintérêt pour les cieux demeure une force avec laquelle il faut inéluctablement composer.