Skyfall est le troisième film de la quadrilogie « James Bond » mettant en scène Daniel Craig dans le rôle titre du célèbre espion créé par Ian Fleming en 1953. Cet opus peut être considéré comme le meilleur « James Bond » jamais sorti au cinéma du fait de l’histoire explorant de manière personnelle la vie de 007 mais aussi du fait de la remise en question d’un système se basant sur l’espionnage et le renseignement humain abordé dans l’ensemble des œuvres relatives à cette saga depuis une première apparition officielle avec « James Bond 007 contre Dr.NO ».
Contrairement à beaucoup, pour ne pas dire tous les films « James Bond », Skyfall projette le spectateur dans le passé mystérieux et jamais abordé de l’espion, ce qui permet d’appréhender le personnage d’une façon plus intéressante car dans Skyfall il ne sera pas question seulement de montrer un homme britannique séducteur et invincible qui peut surmonter n’importe quelle épreuve sans conséquences, mais de démontrer que malgré les diverses compétences de notre héros, celui ci n’est pas insensible à l’intensité des missions qu’il doit accomplir, que ce soit physiquement ou psychologiquement. On peut voir que ce dernier n’est plus apte à être agent de terrain de par son alcoolisme, ses problèmes liés à l’enfance ou encore du fait de ses différentes blessures.
L’un des nombreux point intéressant du film, c’est qu’ici ici le MI6 est directement touché, humilié par les médias, par la politique déterminée par la Couronne à cause des avancées technologiques qui remettent en cause l’objectif même de l’espionnage, lequel est de rapporter à son service des informations sur des nations qui ne peuvent être demandées officiellement. l’évolution de la recherche ou de l’exploitation de satellites remettent en cause ces procédés « obsolètes » comme il est dit dans le film.
Le nouveau Q même si il peut paraître comme un haker narcissique ultra intelligent prolonge le contraste entre la progression du numérique et les méthodes « old school » utilisées par 007. Daniel Craig lui joue ici un agent dépassé par les évènements, se demandant si l’agence à laquelle il a confié sa vie est vraiment bénéfique pour la sécurité de l’Angleterre, mais joue surtout un homme brisé remettant toute sa vie en question.
L’antagoniste campé par un excellent Javier Bardem propose un méchant ayant de bonnes raisons d’agir sur le fond tout en exagérant sa façon de faire avancer les choses sur la forme, lequel nous questionne sur le sens honorable de plusieurs points de moralité tels que la loyauté, le dévouement, l’honneur...
ET surtout, c’est un film « James Bond » qui ne s’attarde pas sur une « James Bond Girl » en particulier. Contrairement à d’autres comme « Le monde ne suffit pas », « Meurs un autre jour » ou « Spectre », le côté éternel séducteur de l’agent est balancé pour notre plus grand bonheur aux oubliettes en y préférant l’action, la réflexion et l’exploration profonde du personnage de 007. Pas de montre laser, d’anneau perforateur de mur, de jet pack, de pistolet en or, c’est un James bond à la fois authentique, profond et surtout humain.