L'idée de Snowpiercer est à la base assez ridicule quand on y réfléchit bien.
Quel est l’intérêt fondamental dans le cas d'une nouvelle ère glaciaire de foutre les survivants dans un train plutôt que sous une ville sous terre ou sous dôme? Pour voir du pays? Non, l’intérêt, c'est de te trousser une bonne grosse allégorie sur les classes sociales.
Là où ça devient chouette avec Snowpiercer, c'est qu' en regardant le film, vous prenez immédiatement conscience de la différence fondamentale entre un blockbuster américain bien édulcoré et un blockbuster américain avec des morceaux de coréen dedans.
Déjà, de un, la subtilité, on l'emmerde! Mais au moins, on essaye pas de faire croire qu'on y attache de l'importance. Ensuite, l'allégorie, on va te la faire à la truelle et à la hache, et sans la moindre honte derrière non plus d'ailleurs. Tu penses bien qu'avec les voisins du nord qu'on se tape, on sait bien que plus c'est gros et plus ça passe.
Ensuite, c'est dans les petits détails what the fuck que tu vois la différence. T'as la "ministre" des premières classes qui enlève ses dents pour faire du charme aux insurgés. T'as une scène de dégustation de sushi sortie de nulle part. T'as une scène monumentale de boucherie à la hache interrompue par des "bonne année" en masse au milieu des traînées de sang. T'as certains des principaux protagonistes accros à la drogue. On bute une jolie blonde institutrice enceinte. On parle même du gout des bébés! Et ouais mon gars; Waaayhaaa (coup de pied circulaire digne d'Hwoarang) on est là pour tout péter, on est des fous, on a peur de rien.
Donc voilà, ce qui sauve Snowpiercer, c'est le coréen qu'il y a dedans. Jusque dans les acteurs (Song Kang-ho y est impérial, et Go Ah-sung n'est pas en reste) . Ce qui l'enfonce, c'est le coté américain. Jusque dans les acteurs avec l'exception surprenante d'un Chris Evans très convainquant et d'une Tilda Swinton qui devrait émigrer en Corée où sa folie sera surement utilisée à sa plus juste valeur.
Snowpiercer n'est pas un grand film de SF, mais ça reste un ovni avec des scènes mémorables, et d'autres plus quelconques. Je vous le conseille tout de même si vous aimez les films qui y vont aux tripes plus qu'a la tête.
J'ai apprécié le film , même si ça m'a laissé perplexe avec deux sentiments mêlés: un petit gout de trop peu et d'inachevé, mais aussi un petit goût de reviens-y.
Ps: Je sais pas si c'est pareil pour vous, mais j'y ai trouvé un petit arrière gout Carpenterien à la sauce Tategui. Sans doute le personnage de Naamgong Minsu qui me rappelle dans son processus mental un peu ce bon vieux Snake, et un peu pour la fin aussi, qui m'a fait penser à un mix d'escape from LA et de The Thing au niveau thématique en tout cas.