Somewhere over Hollywood Hills.
« Somewhere » un titre vague pour un film qui parle d’un peu de tout et d’un peu de rien.
Pour son quatrième long métrage, Sofia Coppola explore les travers du star-system en observant la relation naissante entre un père acteur paumé et sa parfaite fille de onze ans. La réalisatrice semble s’amuser de la banalité et de l’insignifiance du quotidien. Pas nous. Ce qui est montré est souvent vain. C’était aussi le cas dans « Marie-Antoinette » et « Virgin Suicides » en quelque sorte, mais ces deux œuvres là avaient pour mérite d’avoir un large fil conducteur : la vie de l’archiduchesse pour le premier, le suicide des jeunes filles pour le second. Dans « Somewhere », le fil conducteur se devine plus qu’il ne se ressent : le rapprochement d’un père et de sa fille. Hormis les dernières scènes accentuant l’évolution, les rapports entre Johnny et Cleo stagnent. Il y a malheureusement trop peu d’action, mais surtout de dialogues. Je parle de vrais dialogues, pas de simples échanges pour ne rien dire. Malheureusement, trop de banalité tue la banalité ; on s’ennuie.
Pourtant les personnages sont finement écrits, ce sont des caractères profondément humains et réalistes. Le duo d’acteurs est correct. Stefen Dorff fait son job face à une Elle Fanning rayonnante. Leurs rencontres donnent lieu à de jolies scènes, plus ou moins drôles ou poétiques.
Parce que Sofia Coppola, même dans son moins bon film, fait du Sofia Coppola, la mise en scène, la photographie et la direction des acteurs sont parfaites. Comme d’habitude, la réalisatrice choisit une très bonne bande-son qui colle à l’ambiance de son film. Parmi les groupes choisis on retient surtout Phœnix, Foo Fighters, Police, T-Rex et The Strokes. Une belle compilation de morceaux intemporels.
« Somewhere » est intéressant sur de nombreux points, mais se révèle finalement n’être qu’une coquille vide de sens. Ce qui est dommage, c’est que l’on passe la totalité du film à attendre qu’il commence vraiment...