Vous avez aimé Shakespeare in love?
Et bien vous vous y retrouverez ici, sans pour autant voir la même histoire
Vous avez détesté Shakespeare in love? tentez quand même l’aventure, parce que le fond est nettement différent.
Les deux films jouent sur la même époque:
A Londres au XVIIème siècle, les femmes ont interdiction de monter sur les planches, et les rôles féminins sont assurés par des acteurs grimés.
Le plus doué à ce petit jeu est un certain Edward Ned Kynaston, qu’on découvre dans ses œuvres: trop fardé, trop maniéré, trop adulé pour une prestation assez mauvaise, on ne se sent pas immédiatement impliqué.
Curieusement c’est en Off qu’on découvre que oui, en effet, il peut être pris pour une femme dans ses attitude, et les traits de son visage sont assez fins pour faire illusion (bien plus que Gwyneth paltrow en homme en tout cas). Mieux, il est plus belle que Claire Danes qui lui donne la réplique. Quand il ne surjoue pas dans les pièces de théâtre, il est bluffant. Il est La star, avec ce que ça implique d’égocentrisme et de fièreté.
Ce personnage de Kynaston est celui qu’on va suivre et voir évoluer autant physiquement que psychologiquement pendant tout le métrage. Lui, et sa costumière, la très shakespearienne Claire Danes. C’est leur relation d’admiration/opposition qui rythme le film. Un peu facile diront certains, mais on leur répondra que c’est assez bien fait pour retenir l’attention du spectateur lambda.
On suit avec plaisir cet enchainement de rebondissements, de scènes de théâtre, de réputations qui se font et se défont. De nombreux thèmes se retrouvent imbriqués dans le tourbillon du film, souvent à peine effleurés, suffisamment pour nous laisser le loisir de les comprendre comme on l’entend.
Kynaston avait tout et perd tout le jour où les femmes sont autorisées à jouer.
Pire, les hommes ont désormais interdiction de tenir des rôles de femmes.
La question de l’identité, de savoir ce qu’on est, où on va, où on est capable d’aller, jusqu’où on est prêt à faire des concessions pour garder sa place. l’histoire de l’adaptation perpétuelle à laquelle on est tous confronté en somme. Autant de questions que notre héros est amené à se poser, mais qu’on retrouveégalement par moment chez sa Juliette, qui va se hisser au rang de star pour subir quelques désillusions.
Vraiment un film plaisant, d’autant que jusqu’au bout on arrive à être surpris, et qu’on prend plaisir au final à revoir la scène d’Othello qu’on a pourtant entendue maintes fois pendant tout le film, on la redécouvre sans cesse, et on mesure le travail que demandent certains rôles au théâtre ou au cinéma, comment on peut laisser sortir des émotions (ou pas).
Un bel hommage au théâtre.
Bon et puis ça m’a permis de m’intéresser à Othello, pièce dont je ne connaissais quasiment rien.
Une très bonne surprise.