(critique avec SPOILERS)
Sympathy for Mister Vengeance est le premier film de la trilogie de la vengeance de Park Chan-Wook. Je l'ai découvert beaucoup de temps après Old Boy et je dois admettre que je le trouve assez exceptionel.
Comme tout les films de Park Chan-Wook vu jusqu'a présent, celui-ci dispose d'une esthétique visuelle incroyable et d'une mise en scène très inventive et maîtrisée. Le récit est plus maîtrisé car plus linéaire que ce à quoi le réalisateur m'avait habitué avec son dernier film Decision to Leave ou Lady Vengeance dont j'ai écrit la critique juste avant celle-ci.
On nous raconte d'abord dans une première partie une fresque sociale où un travailleur sourd muet perd son travail et a besoin d'argent pour sa soeur malade, l'amenant à kidnapper la fille d'un homme riche pour la sauver, sur les conseils de sa petite copine. Cette première partie lente et belle dans ses plans fixes magnifiquement composé et dans ses personnages parfois froid mais tout de même touchant a quasiment des airs de comédie ou du moins de drame joyeux. Cette touche joyeuse est représenté par une violence parfois atténué comme lors d'un cut parfait coupant une scène d'agression dans le dos par un passage de dessin animé qui pourrait être un héritage de la censure de la violence par godard via des images de bandes dessinés dans Made In USA (dont je tiens à préciser par honnêteté intélectuelle que je n'ai vu que des extraits en cours et non en entier).
Mais d'un coup l'atmosphère change et le film va devenir une spirale de violence morale et physique d'une cruauté implacable qui va peu à peu s'éloigner de sa vision terre à terre et sociale pour arriver à une abstraction drolatique et absurde sur le caractère inaretable du cycle de la vengeance.
Cette seconde partie est l'occasion de divertir le spectateur en recherche d'action et de violence tout en secouant celui qui se serait détendu lors de la première partie avec des mélanges de violence et de body-horror en couplant le sang ou la torture a des déjections humaines (comprenez trace de merde ou urine). Ce procédé assez intéressant que l'on retrouve chez les réalisateurs adeptes de l'extreme violence et du mélange des genre (ici celui qui me vient c'est Takashii Miike avec Dead Or Alive mais il y en a sûrment d'autre donc n'hésitez pas à me dire si des exemples vous viennent) permet de déranger même ceux pour lesquelles la violence représenté par le sang est devenue fun ou sans effet (c'est mon cas par exemple).
Toutefois, le film ne devient pas qu'une explosion de sang et de saleté, il sait aussi marqué moralement via des scènes subliment composés (l'incinération) ou par l'usage du hors champs lors des autopsies.
Paradoxalement le film m'a aussi donné à voir un véritable instant de beauté dans toute sa noirceur qui a lieu lors d'une scène de sexe joviale où le couple converse en language des signes pendant l'acte ce qui couplé à une baisse du son à ce moment là nous donne a voir un scène de complicité amicalo-romantique avant d'être une pure scène érotique.
Si vous êtes intéressé par mon avis sur un autre film de la trilogie de la vengeance: https://www.senscritique.com/film/lady_vengeance/critique/234559514, ma critique d'Old Boy arrivera quand je le reverrai.