Terminator 3 fut une belle arlésienne. Coincé dans une bataille juridique pendant des années, le troisième volet arrive enfin. Mais pas sous les meilleurs auspices. James Cameron laisse sa création entre les mains des producteurs Mario Kassar et Andrew Vajna. Qui repassent le bébé à Jonathan Mostow. Un artisan plutôt doué (U-571) mais pas le profil de démiurge qui enquille les triomphes.
Et ça, ça fait une belle différence.
La réalisation de T-3 est honnête, généreuse en pyrotechnies et raisonnablement efficace dans sa narration. Là où Le Soulèvement des machines présente des bugs, c'est au niveau de ce qu'il raconte. Balbutiant les péripéties du Jugement Dernier, ce numéro 3 peine à convaincre avec un script flemmard. La contextualisation est bâclée, hors c'est elle qui devait assurer sa légitimité. Comment les machines peuvent-elles continuer à remonter le temps pour "terminer" John Connor alors qu'elles ne devraient même pas exister? Les scénaristes John D. Brancato, Michael Ferris ne cherchent même pas à se justifier (tout ça est bazardé en une phrase). Pire, le duo n'a manifestement pas en mémoire la chronologie de la licence (l'âge de John Connor ou de sa mère), et cela apparaît dès le début. Terminator 3 se contente donc de recopier le deuxième volet, en retirant toutes les idées et thématiques qu'il amenait.
C'est triste à dire mais les idées neuves ou vectrices d'intérêts désertent le film. Que reste-t-il? Un divertissement bourrin passable, mais sévèrement limité. Un film d'été quoi. Alors que Terminator 1 & 2 sortaient de la normale justement parce qu'il ne se contentaient pas d'aligner les scènes d'action, mais offraient en plus un vrai univers et de vrais personnages (aujourd'hui entrés dans l'Histoire du Cinéma). Au niveau de la distribution, c'est également correct sans plus.
Nick Stahl est convaincant en John Connor, Claire Danes fait le job en Catherine Brewster (nouvelle venue). Mais l'écriture ne leur donne pas grand chose à se mettre sous la dent. Du côté des cyborgs, même constat : Kristinna Loken fait une T-X acceptable, on est cependant à des lieues d'un Robert Patrick dans T2. Schwarzie reste le mieux loti, avec un Terminator raisonnablement solide, ni tueur ni père de substitution.
À l'image du film, l'icône est devenue fonctionnelle mais ça ne va pas chercher plus loin. La seule vraie trouvaille du film se niche malheureusement dans ses dernières minutes, réellement osées. Un peu tard pour faire grimper l'intérêt. Indigne des précédents volets, indubitablement. Mais loin de la catastrophe redoutée.