Après une longue absence (« Loving » datant de 2016) liée à plusieurs projets avortés, Jeff Nichols est de retour avec un joli film symptomatique de son cinéma. Une nouvelle fois, il s’attarde sur une Amérique rurale peuplée de marginaux. Ici nous avons le droit au portait d’une époque (fin des année 60 / début 70), sans nostalgie mal placée, à travers l’histoire cette communauté de bikers. Le cinéaste dépeint avec beaucoup d’affection tous ses personnages.
Il est aidé par un casting de haut niveau (des « gueules » de cinéma jusqu’au plus petit second rôle) avec une vraie alchimie et complémentarité entre les différents interprètes. Le trio principal est très convaincant même si, malgré son charisme, Austin Butler se fait parfois « manger » par l’ogre Tom Hardy, très touchant, dans une de ses meilleures performances (savant mélange de force brute et de sensibilité). Quant à Jodie Comer, après avoir tenue tête avec talent à Adam Driver et Matt Damon dans le « Dernier Duel », elle surprend (avec son accent et son phrasé si particuliers) et impressionne de nouveau. La plus-value du film se situe d’ailleurs dans ce regard féminin porté sur un univers typiquement masculin.
Parmi les petits bémols, on peut éventuellement relever une narration un peu maladroite (les allers-retours aléatoires avec le photographe) et quelques longueurs. Le film étant finalement une chronique, sans fil narratif clair, la durée aurait pu être resserrée.
A noter, un beau plan final (le sourire de Benny/Austin Butler) qui clôt le film sur une note mélancolique mais pleine d’espoir.