Dans le vaste monde du cinéma d"épouvante, peu sont les films qui ont réussis à acquérir un statut de "classique". Pour bénéficier de ce dernier, les cases sont nombreuses et plutôt difficiles à remplir (et ça dans tout les sous-genres, passant du slasher au giallo et cetera). Bref, ce n'est pas donné à n'importe que film. J'en veux pour preuve les nombreuses bouses qui sortent chaque année, se copiant et se recopiant sans aucune originalité (Episode 50, The Bay par exemple). Au moins c'est constant : la même chose depuis les années 80 !
The Descent est devenu, au fil des années, un classique du cinéma d'épouvante. Primo, du fait de ce popularité. Véritable raz-de-marée à l'époque, les spectateurs furent tous conquis par cette ambiance unique, véritable cimetière à claustrophobes. Depuis, ce long-métrage est souvent cité comme un des meilleurs films d'horreur de la décennie par la aficionados "mainstream" de ce genre de cinéma (j'évite de mettre les spécialistes es horreur dans le lot, pour plus de clarté). Qu'on le veuille ou non, la popularité passe par là, c'est tout.
Secundo, The Descent mérite amplement son statut de classique. Rare sont les films arrivant à effrayer autant son public (rajoutons 2 Sœurs et Alien, tout deux dans un autre genre, mais tout aussi angoissant, même plus encore ! ).
Le synopsis est d'ailleurs plutôt simple : six amatrices en spéléologie partent explorer une grotte. Certes simple, mais qui permet au réalisateur de faire de grandes choses. Et c'est, bien sûr, le cas.
Sans révolutionner l'art de filmer, Neil Marshall arrive l'exploit de faire entrer un septième homme (ou femme, au choix) dans le film : le spectateur himself ! Une chose exquise, qui permet de véritables frayeurs ou moments fulgurants d'adrénaline. Prenez par exemple la scène d'ouverture : putain, mais quel jump-scared. Pour faire simple, je me suis pissé dessus, bim ! Par la suite, Marshall emploiera quelques fois ce moyen, mais sans jamais tomber dans le redite.
L'ambiance que confère The Descent est très angoissante. On est plongé dedans dès notre rencontre avec les six jeunes femmes. Et c'est de pire en pire : éboulements, claustrophobie, attaques... Tout y passe, pour notre plus grand plaisir ... ou malheur, si on est plongé à fond dedans. Les six actrices sont d'un naturel fou, comme si elles étaient VRAIMENT en dessous. Un sacré effort a dû être fait sur ce point.
L'alternance des couleurs rouge/bleu est un autre atout majeur, les deux indiquant des éléments propres à l'histoire. D'ailleurs, les couleurs atténuent le côté "gore" du film. Car oui, il y en a. Mais le fait de ne pas vraiment voir rend le tout encore plus angoissant. Une chose bien trouvée !
On peut aussi interpréter The Descent comme une analyse des relations humaines. Comment réagir face à l'ennemi ? L'amitié est-elle plus fort que tout ? Comment se réparer après un deuil ? D'où se tire la force de l'esprit ? Que de questions posées dans le long-métrage. Les réponse sont à chaque fois données, mais en laissant le spectateur réfléchir lui-même. Un cas plutôt intéressant et original (car oui, je le dis et redis, le cinéma d'horreur PEUT être intelligent. J'encourage tout le monde à regarder le chef d'oeuvre qu'est Martyrs pour s'en convaincre).
Pour conclure, The Descent est un grand plaisir, dopé à l'adrénaline et proposant une situation totalement inédite. Le sujet pouvait être facilement gâché, mais que nenni ! Classique du film d'horreur ? Oui, et je l'assume.
(et cette fin... facile mais à la fois terrifiante)