On m'avait recommandé ce film, la critique était plutôt bonne, alors je suis allé le voir, je me doutais que ça ne serait pas du pur divertissement mais je m'attendais à un film qui fait un peu réfléchir, ou qui ouvre l'esprit tout au moins, et bien j'ai été déçu.
Comme me l'a fait remarqué un ami à la sortie du film on pourrait découper ce dernier en trois parties, l'hôtel, la forêt et puis "la déchéance".
J'ai trouvé première partie assez réussie, le réalisateur (Yorgos Lanthimos) nous plante le décor et nous fait comprendre l'univers à travers des moments de la vie quotidienne de l’hôtel - je pense notamment aux sketchs auxquels se livrent le personnel pour démontrer l'intérêt d'être en couple -, c'est plutôt cohérent et bien amené, même drôle parfois tellement les situations sont absurdes. Mais une fois le décor planté on pourrait s'attendre à une information, un événement qui viendrait mettre en perspective les possibilités dégagées par l'univers que l'on vient de nous conter, or ça n'arrivera pas.
C'est ce qui nous amène à la deuxième partie, la forêt où les choses commencent à s'enliser.
A la suite de "péripéties" (c'est pas la folie non plus),le héros quitte l'hôtel et se retrouve dans le camp opposé, celui des solitaires. L’opposition entre les deux modes de vie est plutôt intéressante,
surtout en ce que les solitaires ne sont pas des rebelles libres et tolérants - comme on aurait pu le croire suite à l'évasion - mais au contraire tout aussi fous que les pro-couples, dans l'extrême inverse.
Cependant on s’ennuie bien vite dans la forêt et on commence à ne plus trop comprendre où le film veut nous emmener, c'est là que commence la déchéance.
Si jusqu'à lors le film ne m'avait pas paru si long que ça (il fait quasiment deux heures), là les choses ont vraiment commencé à se compliquer, dans cette dernière partie les personnages enchaînent des actions incohérentes, et l'on se rend compte qu'il ne nous sera jamais donné d'explication à nos interrogations du début, le tout jusqu'à un final digne d'Inception, je plaisante bien sûr, la fin est laissé à l'interprétation du spectateur mais à vrai dire c'était déjà trop tard pour moi et
qu'il décide de se crever les yeux ou pas ne m'intéressait déjà plus.
Pour résumer, à mon sens, ce film est un condensé de frustration, Yorgos Lanthimos prend le temps de poser les choses, de nous intéresser à divers points de l'histoire qui nécessiteraient une explication, avant de passer à autre chose sans jamais revenir dessus. Et c'est bien dommage car le postulat de départ est très intéressant (il fallait y penser) et certaines scènes absurdes découlant de cette situation sont vraiment réussies.
Je n'ai donc pas été vraiment séduit par "The Lobster", après il est possible que je sois passé à côté de son sens prodigieux - peut être aussi prodigieux que le ventre de Colin Farrell, qui joue très juste au passage et avait l'air aussi perdu que moi -, dans ce cas je veux bien des explications, enfin, ça m'apprendra à regarder un film primé à Cannes.
PS: Je veux bien une explication aussi sur l'intérêt d'un "point godwin du sexe", dans certains dialogues ou monologues (cela revient deux, trois fois dans le film il me semble) les acteurs parlent normalement et tout à coup se livrent à une logorrhée lubrique dont en l’occurrence je n'ai pas vraiment saisi le sens.