Bon, Frank Darabont adaptant Stephen King, c'est un peu un combo gagnant.
Ca assure d'un truc carré, respectant l'esprit de l'oeuvre originale, distrayant, émouvant et tout. Sauf que là, il y a un truc qui cloche: Ca se tape par moments de sales airs de Direct-to-Video (Au-delà de la présence de Thomas Jane et de sa non-carrière. Il est d'ailleurs plutôt pas mal, ici): Le grain de l'image, les sfx numériques qui sont assez laids, et même le filmage de Darabont, puisqu'on a parfois l'impression d'une caméra qui ne sait pas où se mettre. Je veux bien croire que ça sert à rendre palpable le chaos ambiant à l'image (il a engagé les cameramen de The Shield pour avoir ce rendu «saisi sur le vif»), mais au final, ça jure un peu.
Cela étant, il s'agit là de défauts purement formels, parce que le fond est, lui, impeccable : Comme dans tout bon huis-clos, les pires penchants se révèlent, et à ce titre le film est d'une noirceur totale, désespéré, et ce n'est jamais contrebalancé par un truc gentillet, jusqu'à un final dont l'ironie glaçante est un coup de grâce. Certes, montrer des monstres pour montrer la monstruosité de l'homme, ce n'est pas un concept nouveau, mais rarement ça n'a été aussi radical. Et King de nous prouver qu'il a décidément le chic pour donner vie aux personnages les plus détestables.
On peut même voir ça comme un prémisse de The Walking Dead, où de la même façon, les zomblards ne sont que du bonus, qu'un simple catalyseur à la capacité des humains à se tirer dans les pattes et se foutre en l'air tout seuls...