Voilà un film vite expédié... à peine une heure et demie. Ma critique aussi sera vite expédiée.


Un western scandinave élégant, classiciste, dans lequel Mads Mikkelsen trouve là encore un de ses rôles fétiches, à la mesure de son talent. Le personnage qu'il interprète semble avoir été écrit pour lui : un homme qui intériorise, jusqu'au baisé fougueux que n'importe quel homme normal(ement constitué) aurait donné à sa femme s'il ne l'avait vue depuis 7 ans. Un homme humble, rentré, qui en un simple regard à ses pieds en dit long. Un homme de peu de mots, laconique, simple, solide, peu enclin à exprimer ses émotions. Un homme dont le regard est d'une rare intensité, faite à la fois d'humanité, de fragilité, de force, de sensibilité et d'intelligence. Un homme solide, réfléchit, qui n'utiliserait les armes que pour se défendre, ou se venger. N'user de son arme que si c'est indispensable, pas plus, pas moins. Sauf que là, (spoil) ça commence par le pire des drames qu'un homme puisse encaisser : l'accablante perte de deux êtres chers. Il n'en faut pas plus pour que Mads sorte de ses gonds, de manière toujours aussi intériorisée et intense. Du même coup il dégaine, et on se l'imagine bien, très vite... avec Mads, le proverbe bien connu "la vengeance est un plat qui se mange froid" ne correspond pas : car à peine ces deux êtres chers enterrés, Mads perd à nouveau quelqu'un. Le mort encore tout chaud, il prend les armes. Pas le temps d'attendre que tout cela ne refroidisse. Comme dans "La Chasse", Mads subit (beaucoup) avant d'agir, ou plutôt de réagir. La délivrance, autant pour lui que pour le spectateur qui ne veut pas le voir trop attentiste se fait (enfin) lorsqu'il pointe son flingue vers un truand.


Le film est assez convenu dans son ensemble. Il n'y a aucun retournement de situation, le récit n'étant, à aucun moment, jamais surprenant, tant sa linéarité est classique (sans que cela ne soit péjoratif) : tout se suit, s'imbrique, et s'enchaîne de manière assez logique. Mais on ne s'en offusque pas : car il y a des films où tout est dit, très vite, et c'est comme ça. Et The Salvation est de ceux-là. Nul besoin d'aller plus loin et de faire compliqué. Ce n'est pas Only God Forgives. C'est une histoire simple, humble, à l'image de ses personnages et acteurs. Nul besoin d'en dire plus. Voilà une critique bien vite expédiée... De toute façon, je n'ai pas l'impression de pouvoir en dire plus.

Créée

le 26 juin 2016

Critique lue 493 fois

4 j'aime

Errol 'Gardner

Écrit par

Critique lue 493 fois

4

D'autres avis sur The Salvation

The Salvation
Gand-Alf
7

Mad Mads.

Un western danois, tourné en Afrique du Sud, avec Mads Mikkelsen en anti-héros torturé, en voilà une idée qu'elle est bonne. Bon, d'accord, toute idée de long-métrage ayant pour héros Mads Mikkelsen...

le 12 nov. 2015

31 j'aime

1

The Salvation
Sergent_Pepper
7

Tintouin au pays de l’or noir.

L’oppressant prologue de The Salvation met en place plusieurs fausses pistes qui feront la singularité de ce petit western à l’éclat noir : d’abord, l’espoir de quitter, après une épreuve...

le 13 févr. 2015

28 j'aime

2

The Salvation
pphf
5

Je vais, je tire et je reviens*

(*C’est le titre du tout premier western Italien (d’ Enzo G. Castellari) que j’ai eu l’occasion de voir, dans une vie antérieure et dans un cinéma très pourri de Versailles, évidemment disparu...

Par

le 2 sept. 2014

23 j'aime

3

Du même critique

Vieux frères, partie 1
ErrolGardner
2

Faux frères.

Encore de faux génies accouchant d’un album foutraque à la fusion multi-genres repoussante (rap, slam, chanson française et rock), qui témoigne de la difficulté du moment des artistes français à...

le 10 mars 2014

54 j'aime

6

Rubber
ErrolGardner
7

Rubber Soul.

Il faut l’avouer, « Rubber », c’est n’importe quoi : une voiture heurte volontairement des chaises, qui se cassent comme des châteaux de cartes. Et du coffre de cette voiture sort un flic. Le...

le 25 mai 2013

48 j'aime

6

Délivrance
ErrolGardner
10

Voyage au bout de l'enfer vert.

Quatre garçons dans le vent s'en vont pagayer sur une rivière et jouer aux trappeurs chevronnés. Armés d'arcs, ils chassent, campent et bivouaquent. Lors d'une énième sortie sur la rivière, l'un des...

le 18 févr. 2013

42 j'aime

7