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le 16 mars 2019
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C’est un thriller d’action étoffé par deux trames bien connues au cinema mais qu'il n’est pas si simple d'habiller de manière intéressante.
La première trame est celle du "recrutement des professionnels", qui vont etre identifiés et très fortement individualisés pour neéamoins former un groupe voulu comme homogène, une équipe qui gagne.
Parmi les séquences classiques et réussies dans ce genre de film, il y a par exemple la première partie des "Sept Samouraïs » de Kurosawa, et celle de son remake américain "The Magnificient Seven", 1960, de John Sturges ; celle de « The professionnals», 1966, de Richard Brooks, voire celle de "The Dirty Dozen" de Aldrich, 1967.
La deuxieme trame classique est celle qui présente le mouvement de l'aller vers la cible, qui s'avère être étonnamment simple, et celui du retour à l'abri, au contraire très compliqué et tortueux.
Une attaque est réalisée dans un milieu inconnu et dangereux, et il est de plus, souvent, lointain (ici, très lointain). Dans cette trame, contre toute attente l'attaque réussit tres bien et tres rapidement. C'est le retour qui pose problème, multipliant les difficultés et les embuches.
Une des variations des plus sympathiques dans ce genre est celle que dirige Raoul Walsh dans le western "Distant Drums" (les aventures du Capitaine Wyatt") de 1951, qui reprend celle de son précédent film de guerre de 1945 Objective Burma.
Sans doute, même pour un cinéaste comme Chandor, qui a commencé par des thrillers atypiques dans le milieu de la finance et dans celui de l’immobilier (The Most Dangerous Year), les traitant avec une grande subtilité, il est difficile de refuser de faire un film d’action gonflé en blockbuster avec des stars si on le lui propose comme l’a fait Netflix.
Comment alors y mettre sa propre touche et sortir du lot des innombrables bons thrillers d’action ?
Habituellement, chez les personnages groupe, l’infaillibilité et l’éthique d’une part, le fourvoiement ou la faiblesse d’autre part, sont l’apanage de l’un ou de deux seulement parmi les membres du commando (ici, ils sont cinq). Ce qui est toujours le cas dans ces films, c'est qu'on répartit un seul des aspects de notre humanité complexe dans untel ou dans untel.
Ce qui est different, original ici, ce qu’on retiendra en fin de compte, c'est que chacun d’eux se trompe à son tour, et que tous se montreront faibles à un moment ou un autre. Mais aussi, en revanche, chacun d’eux a son idéal intime, qui est honorable et qu’il défendra mordicus le moment venu. Et à chaque fois, l’abaissement de l’un ou l’élévation de l’autre s’imposeront à tout le groupe, lequel assumera solidairement la faute ou la réussite, et c'est ensemble qu'ils en sortiront, soit meurtris soit ennoblis.
Qu'est ce qui fait qu’on se souviendra d’un film d’action de ce genre ou qu'on l'oubliera ? Quand il n’y a que l’excitation de scènes d’action qui se succèdent, même excellentes, comme dans bien des films réalisés à la chaîne, on les oublie tout de suite Peut-être est-ce que le rapport de la singularité de chacun avec le collectif nous aura captivé pendant la séance.
C’est bien le cas ici.
(Note de 2019 publiée en nov. 2024)
Créée
le 17 nov. 2024
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