Quand Wes Craven remet le slasher au goût du jour dans les années 90 avec Scream, de nombreux producteurs et réalisateurs se jettent dans la brèche. C’est alors le grand retour des massacres sur les campus. Mais, à l’image de son film référence, le genre se fait plus grand public et place dans ses œuvres un ensemble d’éléments méta qui interrogent le genre originel. Plus de second degré donc mais aussi un résultat familial qui me fait préférer, et de loin, les films tournés les décennies précédentes. Cet Urban legend jouit d’une mauvaise réputation même s’il est cité parmi les titres de cette seconde période de slashers. Contrairement à beaucoup, je le trouve plus réussi que Souviens-toi l’été dernier. Moins mécanique et languissant avant un final enfin remuant, il se révèle, à mes yeux, mieux ficelé et surtout mieux rythmé.
Ce n’est certes pas le slasher référence, loin de là, mais le sujet est original (à défaut d’une conclusion peu convaincante). L’ambiance est globalement réussie, les personnages non dénués d’intérêt, comme c’est malheureusement souvent le cas, et le récit est plutôt bien conduit même si une dose supplémentaire de mystère n’aurait pas été pour déplaire. On apprécie également la bonne dose d’humour qui traverse l’ensemble avec quelques personnages franchement plaisants (à l’image de celui interprété par Loretta Devine qui se prend pour Coffy) et quelques répliques bien senties qui font franchement rire.
Les mises à mort sont, en revanche, souvent expédiées et dépourvues de la tension (voire l’attention) qu’elles méritent. C’est dommage car, bien entendu, ces éléments sont importants dans ce type de films. Les idées sont là mais les mises en images sont souvent décevantes. Le discours méta slasher de l’ensemble avec plusieurs personnages susceptibles d’interroger le genre rejoint les bonnes idées de Scream. À ce titre, la présence de Robert Englund et les références à d’autres titres iconiques du genre font de l’ensemble un titre agréable. Dommage que le dernier acte gâche la bonne impression générale.