Je ne nourrissais plus trop d'espoir de retrouver la pétillante Agnès Varda à la réalisation, Agnès de ci, de là Varda, sa mini série documentaire de 2011 en 6 épisodes sonnant du coup le glas d'une carrière bien remplie et fermant donc le coffret maousse de son intégrale parue chez Arte (coffret que je recommande évidemment).
Pour le coup, Visages Villages, co-réalisé avec l'artiste JR est une petite surprise rafraîchissante en forme de feel-good movie.
Evidemment comme souvent, Varda se met elle-même en scène, avec humour et (auto)dérision. Cela pourrait en gêner certains/taines mais étant habitué et la considérant dès lors comme une amie de la famille (elle fait ça depuis un bon moment aussi pratiquement il faut dire. Avec Daguerreotypes en 1976, dès lors qu'elle met en scène la rue où elle habite alors (La rue Daguerre), on y est en plein dedans), eh bien, ça ne m'a nullement posé problème.
Et bien sûr là aussi comme souvent, elle va tirer parti de l'Art moderne et contemporain (les photos de JR sont un joli prétexte pour parcourir les routes et aller voir/interroger toutes les classes de la population française, à la manière d'un Depardon... avec un certain détachement posé) pour son road movie.
C'est frais, sans arrière-pensée, ça se prend pas au sérieux, Varda fait même référence à la Nouvelle Vague à deux-trois reprises (et l'on remarque que Godard reste toujours pareil en lui-même. En plus buté voire insupportable que par le passé, c'est selon) ainsi qu'à ses films sans trop s'y attarder. Du documentaire-fiction pas con, malin et drôle, que demande le peuple, hein ?