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Volcano, ça lave !
Un film catastrophe qui surfait sur la vague entamée avec Daylight, le Pic de Dante, Armaggedon ou encore Deep impact qui tentaient de faire revivre la mode de leurs glorieux aînés des années 70...
le 15 mars 2017
Source : http://shin.over-blog.org/volcano.html
Volcano est l'un de ces fameux blockbusters catastrophes estivaux qui marquèrent les années 1990's et avaient alors cette particularité de sortir par paire (une habitude pas tout à fait oubliée d'ailleurs comme l'a récemment montré la sortie successive de La Chute de la Maison Blanche et de White House Down ; séparés de quelques mois d'écart cela dit). Coincé quelque part entre Independence Day et Mars Attacks! d'un côté (l'année précédente), et Armageddon et Deep Impact de l'autre (l'année suivante), le film de Mick Jackson (produit par la Fox) sort ainsi à seulement quelques jours d'intervalle de celui réalisé par le vétéran Roger Donaldson, Le Pic de Dante (quant à lui produit par Universal). Disposant d'un budget équivalent confortable d'une centaine de millions et d'un couple d'acteurs en vogue – Pierce Brosnan (qui vient d'accéder à une renommée internationale en incarnant le nouveau James Bond de GoldenEye ) et Linda Hamilton (fameuse Sarah Connor de la saga Terminator ) chez Donaldson ; Tommy Lee Jones (dont la côte de popularité ne cesse de grimper depuis son Oscar pour Le Fugitif ) et Anne Heche (dont le visage est désormais connu du grand public grâce à des films comme Donnie Brasco et La Jurée ) chez Jackson – les deux longs-métrages s'intéressent donc au même phénomène naturel : l'éruption volcanique.
Mais si Le Pic de Dante opte pour une approche réaliste – bien que la ville de Dante's Peek soit fictive, l'intrigue la situe au pied d'un volcan – Volcano repose sur un postulat fantastique nettement plus loufoque puisque l'éruption volcanique contre laquelle devront lutter les protagonistes du film va carrément avoir lieu... à Los Angeles ! Via un volcan poussant comme un champignon incendiaire au beau milieu de la cité des anges ! Le scénario tente toutefois d'apporter une justification scientifique plausible en s'appuyant sur le caractère particulièrement instable de cette région située juste au-dessus de la tristement célèbre faille de San Andreas. À la fois ambitieux et terriblement casse-gueule, ce pitch délirant permet donc à Mick Jackson d'exploiter l'architecture de l'hyper métropole ouest-américaine, exposant buildings et bâtiments municipaux à d'impitoyables chutes de boules volcaniques, tandis qu'une rivière impitoyable de lave s'engouffre dans chaque coin de rue et que le feu menace les survivants. Si on tient compte de l'âge du film (17 ans, quand même !), Volcano reste visuellement plutôt solide ; bénéficiant d'effets-visuels astucieux à base d'agents d'épaississement (tel que le méthylcellulose, utilisé dans la fabrication des milk-shakes vendus dans les fast-foods) pour la lave, de vieux journaux brûlés pour la cendre, de maquettes diverses (un quartier entier ayant été reconstitué pour l'occasion) et de quelques rajouts numériques (pas toujours très convaincants cela dit).
♪ Le feu, ça brûle ! ♫ (air connu)
De fait, pendant la première demi-heure qui plante (rapidement) le décor avant de déchaîner les enfers de cette soufrière urbaine, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer et on se laisse volontiers prendre par l'action. Le problème c'est que, une fois l'éruption passée, les habitants de Los Angeles cherchant alors les moyens d'y faire face, le film de Mick Jackson va s'enfoncer dans les situations les plus abracadabrantesques et ridicules qu'il soit. Entre les journalistes qui se tiennent à un mètre de la lave sans masque ni combinaison, le fameux mur de béton anti-lave qui aura fait rire bon nombre de spectateurs, la sempiternelle gamine conne comme ses pieds qu'il faut sauver deux mille fois et la mort "héroïque" la plus stupide du cinéma catastrophe (le fameux "petit saut" ardent à pieds joints dans la lave), Volcano emprunte durant la laborieuse heure qui suit la voie du nanar ringard façon Asylum (le budget confortable en plus) et fait plus rire (à ses dépens) qu'autre chose. Ce qui est d'autant plus triste pour Tommy Lee Jones, toujours aussi charismatique et convaincant, malgré un rôle à l'écriture limitée.
Ayant gardé le souvenir d'un divertissement plutôt sympathique, la redécouverte de ce Volcano ne s'est pas avérée franchement concluante. Loin de là. Avec le recul, le film de Mick Jackson n'est finalement rien d'autre que cet objet boursouflé mal écrit, aux dialogues risibles et à l'excès terriblement gênant de pathos ; même pour le réalisateur de la bluette mélo Bodyguard (le final "tolérance et réconciliation" où tout le monde s'aime, où il n'y a plus ni blancs ni noirs, mais seulement des hommes et femmes, qui oublient leurs différences à présent que leurs visages sont recouverts de la même cendre, est d'un ridicule absolu). Et même au dixième degré, force est de reconnaître que l'ensemble est, à présent, difficilement regardable. Comme quoi, parfois, on se dit qu'il vaudrait sans doute mieux rester sur l'agréable impression des souvenirs naïfs de jeunesse...
Créée
le 24 avr. 2014
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