Un ancien businessman qui devient président des États-Unis, des femmes qui prennent le pouvoir et une belle pagaille mondiale… Ça vous rappelle quelque chose ? 1984 est le nouveau 2021 dans cette suite sans saveur de notre Amazone des Temps presque Modernes.
Gemme sans hologrammes
En 1984 (prends ça George Orwell !), les musées sont ouverts et le monde est tout sourire. Diana Prince, anthropologue de renom, y fait la connaissance de la très quelconque Barbara (Kristen Wiig), jeune gemmologue, qui s’intéresse à un mystérieux caillou dont elle partage le charisme. Et pour cause : la légende prétend que cette pierre de rêve exaucerait les souhaits de la personne qui la détient. À la bonne heure !
À l’examen du minéral, nos deux scientifiques murmurent tour à tour leur vœu sans se douter qu’ils vont se réaliser. Exit la Barbara terne et insignifiante : l’experte des cailloux se mue un Wonder Woman bis. Bis aussi pour Steve Trevor (Chris Pine) qui revient à la vie dans le corps du Handsome Man (« bel homme » NdlA, crédité ainsi, si si !) à qui on ne s’embarrasse pas de donner un nom ni même de demander son consentement pour avoir une relation intime avec la dame au lasso. C’était le temps de l’amour/Le temps des copains/Et de l’aventure. Les eighties quoi !
Max tout-puissant
Tout ça ne ferait pas un bon nanar sans l’irruption du gros vilain homme d’affaire de service. Et lorsqu’il met la main sur la pierre de rêve, croyez-vous qu’il va se contenter d’un seul souhait tout cruel qu’il est ?
Bien sûr que non ! Peu ou prou, le Maxou nous fait la version hype du « moi si je pouvais faire un vœu, ce serait de pouvoir en faire autant que je veux ». Classique. Ce qui va créer un beau foutoir dans la géopolitique du monde d’avant sur fond de crise pétrolière et de guerre froide.
Soyons bon prince, mis à part les quelques clichés orientalistes douteux sur l’Egypte proférés par son personnage, Pedro Pascal se fend globalement d’une prestation correcte. Ensuite, ne boudons pas non plus totalement notre plaisir : on sourit devant ce capitalisme rampant des années Reagan au consumérisme décomplexé et aux malls pleins d’une armée d’acheteurs sans masque ; on rit devant cette super-féministe hyper-sexualisée qui sauve des enfants tranquillou et l’Amérique en même temps ; et on se demande si les Femen qui ont vu le film sont toujours de ce monde.
Voir Themiscyra et mourir
Surtout, ne soyez pas en retard pour la séance de ciné… (je... non, rien) Car la scène d’ouverture est un modèle du genre. Menée tambour battant, elle nous plonge au cœur d’une série d’épreuves athlétiques filmées comme si vous y étiez. Dotée d’un tempérament et d’une bravoure à toute épreuve, la petite Diana y tient la dragée haute aux redoutables guerrières Amazones dans un Themiscyra digne des plus beaux tableaux pompiers du XIXe. Ces premières dix minutes sont à elles seules l’un des très rares intérêts du film. Du très grand spectacle. Au souffle épique. Entre mythologie revisitée et jeunesse de la plus célèbre des super-héroïnes. Au surplus, on aurait aimé que WW84 ne se déroule que dans ce monde merveilleux propice à l’évasion et au rêve.
Malheureusement, le reste du film ne révolutionne en rien le film de super-héros. Ni cette course-poursuite peu inspirée en Egypte, et encore moins ce climax tristement convenu et plat. Et que dire du combat final à l’esthétique totalement surréaliste qui donne davantage l’impression d’un crossover entre Saint Seiya (chevalier d'or du Sagittaire ?) et Cosmocats (Felibelle ?) qu’un film de super-héros !
Allez, c’est décidé, je me refais le premier….