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Max Payne.
En bas des blocs comme en haut des gratte-ciels, on n'ose plus prononcer ton nom. Pourtant, il circule comme un virus. La loi t'a oublié. Tu l'as regardée dans le blanc des yeux, avec du sang sur les mains, et elle a mis un genou à terre. Ca fait combien de temps que ta femme et ton gosse ont quitté ce monde ? Dur à dire, la nuit est devenue ton unité de temps et de lieu. Désormais, toutes les ordures de la ville doivent raconter ta légende à leurs mômes.
Mais pas le temps de te reposer. Tu sens ton coeur battre et résonner jusque dans la tête de tes victimes. Tu voudrais leur faire partager ta douleur. A chaque balle tirée, tu rêves de voir ces salauds se relever avec ton visage à la place du leur, d'en faire autant de doubles qui porteraient ton fardeau. Une ville remplie de Max Payne, la belle affaire. L'énergie du désespoir te tord les muscles et nourrit tes migraines. Sans elle, tu serais foutu. Avec elle, tu vis un calvaire.
Tu crois que ta vie est une tragédie, or elle ne finit jamais. Toi, tu traînes ton passé comme une pierre de Sisyphe. A chaque fois, tout fout un peu plus le camp. Mais tu recommences. Tu veux y croire, à cette étincelle d'humanité. Mona, cette déesse au goût de cendre qui sera ton acolyte, elle a changé ta misérable vie. C'est la seule qui pointe son arme dans la même direction que toi. Vous échangez même les rôles à un moment, la voilà qui prend les commandes. Elle te protège et te respecte.
Tu dégaines, tu serres les dents et tu vomis tes névroses en autant de fusillades. Elle te regarde, et elle comprend. Tu ne le sais pas encore mais pour elle, tu massacrerais une seconde fois tous ceux que tu as envoyé à la morgue. Mona is "a dame to kill for" comme dirait Marv, cette brute désabusée qui hante une autre cité du vice que ta grosse pomme natale. Sauf que tu es Max Payne. La punchline, c'est pas ton truc. Tuer pour Mona, ce serait le minimum syndical. Toi, tu crèverais volontiers pour elle.
Emergeant de ruelles infâmes, tu finis ta course en haut lieu. Tu y saignes une traînée de poudre et enfonces les portes. Marrant comme le schéma se répète. Sauf que cette fois, tu as Mona. Ton ange gardien. Elle t'a tendu la main, à sa façon. Geste fou qui t'a arraché aux ténèbres. L'embrasser t'a donné un second souffle. Le boulevard du crépuscule, te voilà enfin au bout. Tu peux fuir New-York, oublier sa nuit, changer de purgatoire. À dans dix ans, l'ami.
Chapitre final -> http://lc.cx/Zdrs