Après avoir longtemps rongé mon frein en ce qui concerne P3p, l'opportunité m'était finalement venue de poser mes mains sur le portage-plutôt-remake sur Psp d'un jeu qui m'avait particulièrement marqué à l'époque et faisant depuis partie de mes jeux préférés, tous genres confondus. L'alternative, séduisante faut-il ajouter, de pouvoir incarner un personnage féminin nous offre de nouvelles perspectives et son avantage par rapport à son pendant masculin réside dans la possibilité de pouvoir désormais établir des Social Links avec tous les personnages du casting.
Toujours aussi prenant, le soft se retrouve cependant altéré dans la forme. Il en devient un mixte de RPG, Visual Novel et Point'n click et il faut admettre qu'on se retrouve très vite déboussolé par ce nouveau système. Il ne serait pas malhonnête d'avouer que la liberté d'action qui caractérisait son prédécesseur n'était pas des plus folles, cependant le jeu perd beaucoup de son charme à mon sens dans la mesure où sa forme de base s'en retrouve affectée. Le joueur peine davantage à s'identifier au MC et certaines scènes sont parfois difficiles à comprendre malgré le gros travail effectué au niveau sonore. Il en résulte une certaine déception lorsque l'on a joué à P3 et qu'on assiste désespérément aux scènes que l'on avait tant adorées dans ce dernier.
Le noyau de base reste globalement inchangé, avec un système de fusion de persona toujours aussi riche et un système d'écoulement du temps calqué sur le calendrier scolaire nippon. Concernant le gameplay, le système de Persona 4 a été repris et il est vraiment agréable de pouvoir enfin contrôler tous les personnages de son équipe. Cependant, même si ce point est corrigé, la difficulté du jeu a été passablement revue à la baisse, ce qui constitue le gros point noir du jeu à mon sens.
Certains morceaux font leur apparition dans la version féminine mais peu d'entre elles resteront dans les annales, même si on dénote une volonté de variation de la part des développeurs. On apprécie cependant grandement le soin apporté aux nouvelles Social Link, très réussies dans l'ensemble et qui bénéficient toujours d'une grosse qualité d'écriture tout en respectant un maximum les différents registres de langues propres à chaque personnage. Chapeau bas.
En conclusion, P3p s'adresse autant aux fans de P3 qu'aux nouveaux joueurs voulant s'essayer aux joies d'une simulation sociale sous forme de RPG. Beaucoup plus qu'un simple portage, il perd néanmoins beaucoup de son charme initial malgré les nombreux ajouts, très profitables à l'expérience de jeu. Un beau paradoxe.