Une fois n'est pas coutume je vous parle de quelque chose qui n'est pas dans mon journal de SC, car j'ai joué à System Shock il y a deux ou trois ans. Mais je ne peux pas laisser ce jeu réapparaître chez GOG sans vous recommander de vous y plonger à votre tour. Il reste clair pour moi que sa sequel, System Shock 2 reste le jeu à faire si on veut se faire une idée de la Grande Classe en jeu vidéo, mais l'original de 1994 est aussi une expérience tout à fait bluffante.
Bluffante et difficile d'accès, c'est un fait. La faute à des contrôles difficiles à maîtriser au départ (mais GOG vient d'ajouter le mouselook!) qui vous vaut bien des mésaventures dans les premiers couloirs et rend l’inventaire infernal. Les graphiques sont dépassés, avec ses sprites hideux et ses couleurs trop vives (là aussi une définition plus élevée a été ajoutée par GOG) , mais je vous assure d'une chose: au bout d'une heure de jeu, vous ne vous occuperez plus des graphiques, vous serez trop occupé à transpirer. Ce jeu, immersif par son scénario, est un génial et redoutable générateur de stress.
On connait l'histoire : un hacker isolé dans une station spatiale se bagarre contre une intelligence artificielle qui a décimé le personnel de la station. Et croyez moi, ce n'est pas du gateau. Détruire un laser géant, évacuer des modules infectés, combattre un super -cyborg, hacker des ordinateurs, on ne s'ennuie pas un moment et contrairement à SS2, on sent une progression satisfaisante vers la victoire.La station est labyrinthique, les couloirs cachent tous des vacheries et les cyborgs, mutants et autres robots qui y circulent vous mènent la vie dure.
La sensation de claustrophobie que génèrent les salles est impressionnante et la mise en son - qui sera le grand point fort de SS2 plus tard - assure une ambiance pesante à souhait.
Des logs vous retraceront l'histoire, précurseur donc déjà de SS2, Bioshock et les options d'armement, de sauvegarde et de stealth préfigurent le gameplay moderne des années 2000.
La seule chose que je n'ai pas aimé sont les phases en 3D virtuelle (oui, des fils de fer...) où vous pénétrez dans le cyberspace. C'est assez difficile de savoir ce que l'on y fait... (Vous pouvez comme moi mettre cette partie du jeu en difficulté basse, une option étonnante au début du jeu)
Une sacrée plongée en enfer ce jeu... Les enjeux mêmes du récit sont intenses et éprouvants, l'immersion devient telle qu'on oublie vite les problèmes d'interface. On sert sa souris avec des phalanges tétanisées jusqu'au bout du calvaire... Un superbe job, annonciateur des autres chefs- d'oeuvre de Looking Glass studios, et que GOG nous donne une nouvelle chance de découvrir, ne la ratez pas !!