Stéphane Courtois est aujourd'hui connu en France pour -entre autres- la préface du "le livre noir du communisme". Préface dans laquelle il questionne la valeur morale des crimes du communisme en comparaison avec la Shoah. Il a été accusé (dans les médias et les chroniques des uns et des autres) de minimiser la Shoah ou de nier sa singularité.
Dans ce livre "Communisme et totalitarisme", il revient entre autres sur la querelle qui a suivi la publication du "livre noir" pour expliquer sa position, que je trouve intéressante.
Dans ce livre (une suite de conférences) Stéphane courtois cherche à démythifier la vision du communisme en France et son rapport à certains mythes attenants.
Un Lénine qui a mis en place des génocides (tout comme Staline le fera) au sens de Rafaël Lemkin
Les 5 premières années (1917-1921) du léninisme ont fait davantage de morts que 200 de régime tsariste.
un Staline qui se trouve dans la continuité de Lénine (et non en rupture)
Une mise en perspective de la notion de "génocide de classe"
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Ce qui émerge de ce livre facile à lire et qui fait la part belle aux répétitions (grande famine de 32-33 en Ukraine, la Terreur de 37-38, nombre de décisions archivées, chiffrage des massacres, des déportations, l'ouverture des archives après 1991...), c'est la remise en ordre du communisme en ce qu'il est en Europe de l'ouest et en France encore mythifié (D'un côté Marx, Lénine et Trotski, figures positives et Staline figure négative)
On se rend compte aussi que la querelle autour de la question "est-ce le communisme qui est un totalitarisme ou un certain totalitarisme qui s'est servi du communisme?" est loin d'être close du moins en France. Les avis sont tranchés et on peut se rendre compte que le vécu des peuples orientent les débats tant Stéphane Courtois peut être reconnu en Europe de l'Est mais disqualifié par la gauche en France qui tient toujours à ses idéaux, à son eschatologie.