Brutal. Cruel. Etouffant. Âpre. Violent. Le premier roman de Johannin est à la fois un roman d'apprentissage (comme souvent dans les premiers romans) et un roman de l'oralité, tout entier porté par la tentative de rendre la poésie de la langue parlée, comme l'ont tenté tant d'écrivains (comme le méconnu précurseur Jehan-Rictus). Ce livre coup de poing, de gamins abandonnés à eux-mêmes dans une campagne brutale, qui trompent la mort de l'ennui par l'apprentissage de la violence, pourrait n'être qu'une pierre de plus dans la décharge de la description de l'hostilité du monde où la jeunesse n'a pour elle que le pire pour l'éprouver.


Ca tournerait presque à la répétition, si Johannin n'avait la bonne idée de faire d'un coup pousser son héros en adulte, le transformant en poète tragique, en drogué illuminé. C'est fort de bout en bout. Puissant, comme un plat faisandé. Toujours, du pourrissement des charognes naît la vie !


"Dehors s'installait un temps moche, comme usé de devoir pleuvoir trop de jours par an, le brouillard on le respirait toute la journée."


"J'ai attrapé la maladie des songes. Tout s'est emboîté sans entrave, les jours dans les nuits, la Lune dans le Soleil et le deuil dans la vie, ça a filé sans même que j'en profite vraiment trop, la tristesse."

hubertguillaud
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le 4 juin 2017

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