Je n'avais jamais lu Yourcenar avant d'ouvrir l'Oeuvre au Noir, et à vrai dire, ce livre ne m'a pas vraiment donné envie d'en lire d'autres de la même auteure. On ne peut pas nier que l'histoire est riche et particulièrement intéressante. Mais elle est noyée dans une complexité épaisse qui la rend presque indigeste pour le lecteur lambda que je suis. J'ai pourtant une certaine éducation philosophique, scientifique et historique, mais force est de constater que cela n'est pas suffisant pour lire l'Oeuvre au noir. De plus, en mettant l'accent sur les méditations que l'on pourrait aisément considérer métaphysiques de Zénon, ce même personnage perd de sa substance. Exit les émotions : on s'en fait l'idée d'un personnage froid, avec la distance du philosophe. Pourtant, on apprend (et cela sort de nulle-part) que lors de ses pérégrinations il a aimé et a été aimé. Ce manque de cohérence qui, après tout, est peut-être une subtilité de plus que je n'ai pas saisie, est le seul vrai reproche que l'on peut faire à cette oeuvre. On ne saurait lui reprocher son érudition et sa profondeur ; elles seront sûrement appréciées par les lecteurs avertis. En ce qui me concerne, je ne peux que l'admirer à la façon dont on admire un phénomène naturel sans forcément en comprendre les causes et les affrontements qui ont permis qu'il se produise.