Second roman de Yannick Grannec après La déesse des petites victoires où le personnage principal évoluait dans la sphère d'Einstein. Cette fois Magda, jeune élève au Bauhaus, gravite autour de Gropius, Klee et Rothko.
Yannick Grannec maîtrise l'art de la fiction et de l'Histoire mêlées dans un roman à deux époques réparties en deux parties distinctes. La première est celle de Josh, animateur de télé-réalité à Chicago. Lorsque celui-ci apprend qu'il va devenir père il ressent le besoin d'étudier sa filiation et de renouer avec elle. Son enquête le mène à Magda dont le parrain est modestement, Paul Klee. Sur un fond de percée du nazisme et de spoliation des biens juifs, Yannick Grannec nous mène doucement à la seconde partie de son roman au début du XXème siècle. Théo, le père de Magda, est marchand d'art ; il voyage entre Berne et Berlin à la rencontre de Klee, Kandinsky et Dix, ses amis. L'auteure nous fait alors découvrir le Bauhaus au travers des yeux de Magda et à la rencontre des artistes les plus talentueux des années 1930.
A lire pour le talent de Grannec à mêler histoire et fiction sans noyer son lecteur dans des préoccupations trop historiennes. Mais aussi pour le plaisir de voir les personnages principaux dialoguer avec les plus grands noms de l'art des années 1920-1930. Pour le bonheur de pénétrer au coeur du Bauhaus, école qui fit naître le design d'aujourd'hui et que Grannec compare avec bonheur à notre design industriel suédois jaune et bleu.