Le Horla et les contes qui se trouvent dans ce recueil sont un passage souvent obligé des lectures de collège et celles-ci ne sont pas forcément appréciées à leur juste valeur lorsque l'on ne possède pas encore la maturité adéquate.
L'ayant relu de nombreuses années après cette époque, j'ai pu mesurer à l'aune de l'expérience de la vie le talent de cet auteur pour suggérer les peurs intimes, les angoisses secrètes, les terreurs tues.
Chaque nouvelle offre au lecteur une nouvelle facette d'un univers onirique né des désordres mentaux croissants de l'auteur. Les fantômes, la folie voire la mort s'avèrent souvent être les compagnons des protagonistes de ses histoires. Ils reflètent la perception de l'occulte telle qu'on pouvait la concevoir à cette époque. Un charme désuet se dégage d'ailleurs de ces récits.
Le Horla n'est pas mon préféré, trop simpliste et attendu à mon goût. Je lui préférerai "Le docteur Héraclius Gloss" ou bien "La main d'écorché" ou encore "Auprès d'un mort" que je trouve plus subtils et dont la chute trahit une forme d'humour noir qui me sied davantage.
Féru de littérature fantastique et en ayant lu mon content, je dois confesser préférer des formes plus modernes de récits fantastiques, même si je n'oublie pas qui furent les pères du genre. Maupassant fût l'un de ces pionniers et c'est grâce à lui, entre autres Edgard Poe et autres H.P. Lovecraft, que la littérature fantastique en est arrivée où elle se trouve actuellement.