J'avais toujours placé ce bouquin comme une légende, vantant à qui voulait l'entendre que ça devait forcément être chicos bicause y'avait le mot "libre" associés aux gosses. J'savais que le livre datait un peu alors j'avais du mal à comprendre comment on pouvait entreprendre d'ouvrir une école où les enfants semblaient pouvoir agir à leur guise.
Il est jamais trop tard pour prendre du retard dans sa pile de livres à lire et se taper un bouquin qui nous fait envie depuis qu'on est en âge de se tripoter sur nos premières notions d'anarchisme, de liberté, de Proudhon, mon cul et tutti cuanti (parce que ça a de la gueule, avoue).
En ce qui concerne la pédagogie utilisée et la réponse aux "problèmes" que les enfants rencontrent dans son école, Neill s'en sort vraiment bien (ah ouais j'avais zappé, on est d'accord que c'est mon avis, qu'il est discutable, que je suis pas fixé sur une idée, que je suis en perpétuelle évolution jusqu'à ce que je clamse et que donc ça reste mon avis et que je ne veux en aucun cas donner de leçons de morale aux éducateurs, parents-professeurs-prêtres tendancieux, etc. kodak ?).
Deal.
Donc en ce qui concerne la pédagogie de Neill, je trouve ses réflexions vraiment intelligentes, basées sur le laisser faire de l'enfant qui se développera tôt ou tard au sens où lui l'enfant l'entend et non pas au sens où la société l'exige (avec ses névroses, ses phobies et tout l'bordel - je peux pas placer tutti fruti à toubou de champs tu sais ?).
J'ai pourtant commencé à grincer des dents en ce qui concerne la sexualisation des comportements. Ils rassemblent souvent les enfants étudiés dans des cases filles/garçons. Ce qui pour moi est assez contraire aux idées qu'il défend, ne laissant pas ou peu de place aux comportements unisexes et je suis pas certain que le sexe définisse ta façon d'agir en société.
Neill est un contemporain de Freud et sérieusement, une fois le bouquin fermé on a l'impression qu'il lui lèche la pomme sévère. Ça a le don de m'énerver, même si Freud a beaucoup fait pour la psycho, il n'en résulte pas moins d'être un putain de misogyne et sa tendance à tout comparer au cul est certes un point de vue subjectif mais de là à le considérer comme étant un exemple exemplaire. Nique.
Puis vient la question de l'homosexualité. Bien que Neill condamne l'homophobie, les représailles physiques, verbales ou financières concernant l'homosexualité il considère néanmoins celle-ci comme étant une maladie. Pour lui les comportements homosexuels sont naturels mais pas l'homosexualité. Pour Neill, c'est le résultat d'une perversion. Grmbl.
Je sais que ce bouquin a été écrit dans les années 60 et qu'il faut tenir compte du contexte. Mais merde, Libres enfants de Summerhill est cité comme référence par beaucoup de libres penseurs et d'éducateurs.
Ça m'amène juste une fois de plus à me rendre compte qu'en grattant un peu il y a toujours des paradoxes entre ce que les gens disent et ce qu'ils pensent réellement. À te dégouter d'avancer avec des modèles.
Doutez toujours de tout. J'vous jure. Même de vous.
Tout ça pour dire que j'ai beaucoup appris. J'en sais rien si je serai futur parent ou quoi mais ce livre m'a fait autant de bien que de mal. Je suis content de l'avoir lu et décide donc de prendre ce qui m'a plu et de faire un déni du reste.
J'sais pas si vous êtes nombreux à l'avoir lu mais si tu veux en causer minou je t'ouvre carrément mes commentaires en dessous de la critique parce que je suis och pour savoir ce que t'en penses !