Par rapport aux Pensées de Marc-Aurèle, le manuel se répète moins, la langue est plus directe, mais les formules sont moins littéraires et percutantes que celle de l'empereur. Plus dogmatique que lui, Épictète affaiblit son discours du fait de certains paradoxes :
- Comment à la fois ne pas faire la leçon aux
autres (car il faut se concentrer sur son propre progrès) et
réprimander les blagues grivoises des autres ?
- Comment d'un côté s'autoriser à prendre le plaisir à portée de main
tant qu'il ne s'agit pas d'aller à sa recherche, et de l'autre
s'interdire de rire ?
- Pourquoi conseille-t-il d'abord de n'avoir cure des opinions nous
concernant, puis d'avoir l'air grave et respectable en toute
circonstance ?
Je garde donc une préférence pour Marc Aurèle, qui systématise moins, laisse des ouvertures épicuriennes, et donne à ses conseils une orientation conservatrice visant à pérenniser la société.