Constantine
5.5
Constantine

Série NBC (2014)

Quand chasser les démons avec un imperméable usé, c’est badass sur le papier

Constantine, c’est un peu comme si on avait décidé de te plonger dans les ténèbres de l’enfer avec une dose d’humour noir et une bonne clope à la main. L’idée de suivre John Constantine, exorciste de l’enfer et détective des forces occultes, semblait prometteuse. Tu t’attends à un cocktail explosif de magie noire, de démons terrifiants et de sarcasme cinglant. Mais voilà, entre l’ombre et la lumière, la série finit souvent par marcher à petits pas, sans jamais vraiment se jeter dans l’abîme.


Le personnage de John Constantine, incarné par Matt Ryan, est sans doute le point fort de la série. Constantine, avec son accent britannique, son imperméable usé et ses allures de sale gosse qui a vu les pires horreurs de l’univers, est exactement le genre de héros décalé que tu adores suivre. Il est cynique, désabusé, et prêt à tout pour piéger les forces des ténèbres. Mais même avec toute sa coolitude, il n’arrive pas à sauver une série qui semble trop souvent hésiter entre l’horreur, l’action, et le mysticisme sans jamais choisir vraiment son camp.


Côté intrigue, Constantine se contente malheureusement de suivre la formule "démon de la semaine". Chaque épisode, John traque une nouvelle créature démoniaque, l'exorcise avec panache, et repart pour de nouvelles aventures. Si ce format peut fonctionner dans certaines séries, ici, il finit par devenir répétitif. Les monstres sont impressionnants au début, mais ils manquent souvent de profondeur ou d’enjeux émotionnels réels. Tu espérais peut-être des démons aussi effrayants que dans Supernatural, mais Constantine les traite comme des boss de fin de niveau : cool à combattre, mais oubliables une fois terrassés.


L’univers magique de Constantine a un potentiel énorme, mais la série semble constamment sous-exploiter ses richesses. Tu as droit à des runes mystiques, des artefacts anciens, et des invocations ténébreuses… mais tout ça est souvent survolé. La mythologie est là, mais elle reste en arrière-plan, jamais vraiment creusée. On te parle de la Balance entre le Bien et le Mal, des forces qui s’opposent, mais on reste trop souvent à la surface. Au lieu de t’immerger dans un monde occulte et complexe, la série se contente de griffonner quelques symboles sur un mur avant de passer à autre chose.


Les personnages secondaires sont là pour épauler Constantine, mais ils manquent de la profondeur et du charisme nécessaires pour vraiment briller. Zed (Angélica Celaya), l’artiste aux visions mystiques, est censée apporter une dimension humaine et sensible à la série, mais son développement reste assez plat. Chas (Charles Halford), le fidèle acolyte immortel de Constantine, a ses moments, mais il est souvent relégué au rôle de sidekick un peu oubliable. Les interactions entre Constantine et son équipe manquent de la tension et de l’alchimie qui auraient pu les rendre inoubliables.


Là où Constantine peine vraiment, c’est dans son ambiance. On aurait voulu une série sombre, oppressante, où chaque coin d’ombre cache un démon prêt à bondir, mais au lieu de ça, la série reste souvent trop "télévisée", trop propre. Les décors sont parfois un peu trop génériques pour une série qui traite des forces de l’enfer. Là où des séries comme Penny Dreadful ou American Horror Story savent te plonger dans un univers macabre avec style, Constantine reste un peu trop sage. Même les moments d’horreur sont édulcorés, comme si la série n’osait jamais vraiment franchir la ligne du "vraiment effrayant".


En revanche, Matt Ryan, en tant que Constantine, sauve les meubles. Son interprétation est impeccable, et il incarne parfaitement le personnage tourmenté, ironique et désabusé qu’on attendait. Ses répliques sont souvent pleines de sarcasme et de désinvolture, et il apporte une certaine fraîcheur à chaque scène où il apparaît. Mais même avec tout son charisme, il ne peut empêcher la série de sombrer dans la répétition.


En résumé, Constantine avait toutes les cartes en main pour devenir une série culte dans le genre surnaturel, avec un héros charismatique et un univers occulte riche en potentiel. Mais la série se perd dans un format trop prévisible, des démons un peu fades et une ambiance qui manque de véritable noirceur. C’est un peu comme si tu t’attendais à un voyage en enfer avec un guide badass… mais que tu te retrouvais à visiter un parc d’attractions légèrement effrayant, mais pas assez pour te faire frissonner.

CinephageAiguise
5

Créée

le 14 oct. 2024

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