yan Murphy aime l'horreur et les histoires criminelles. Jeffrey Dahmer est un donc un perfect match pour le showrunner. Il rend compte sur 9 épisodes de la psyché tordue et dérangée du serial killer, relate son enfance difficile, détaille son modus operandi obscène. Surtout, il mesure l'impact des actions de Dahmer sur son entourage, sur ses voisins, sa famille et celles de ses victimes. Mais il ne s'agit pas uniquement d'une histoire de serial killer, la série rend aussi compte du racisme systémique aux Etats-Unis, comment la parole des minorités y est ignorée. Et en quoi cela explique pourquoi le tueur a pu agir si longtemps en toute impunité.
On peut difficilement faire plus glauque, et Evan Peters incarne parfaitement le tueur, mais étrangement elle est moins malaisante que The Assassination of Versace, une autre série de Ryan Murphy. Le personnage de Andrew Cunanan interprété par Darren Criss avait un degré de perversité encore plus dérangeant, le genre à vous mettre mal à l'aise bien après avoir vu la série.
Dahmer est plus frontal, plus documentaire, ce qui lui confère une certaine distance. Mais on reste quand même à un haut niveau de psychopathie.