Jericho
6.1
Jericho

Série CBS (2006)

Quand l’Apocalypse fait escale dans une petite ville

Jericho, c’est un peu comme si on prenait un film catastrophe à grande échelle, qu’on réduisait tout ça dans une petite ville américaine, et qu’on ajoutait un soupçon de drame familial pour pimenter le tout. CBS nous livre ici une série où l’apocalypse nucléaire frappe les États-Unis, mais au lieu de voir des villes géantes exploser à la Michael Bay, on se retrouve à observer les habitants de Jericho, une bourgade tranquille du Kansas, gérer la fin du monde... un peu comme s’ils géraient une pénurie de cookies chez Walmart.


L’histoire débute avec Jake Green, le fils prodigue rebelle qui revient en ville juste à temps pour que tout parte en vrille. Alors qu’il tente de renouer avec sa famille et son passé plein de mystères (parce que bien sûr, il a une histoire obscure), une explosion nucléaire frappe plusieurs grandes villes américaines. L’électricité disparaît, les communications sont coupées, et la ville de Jericho se retrouve isolée du reste du monde. Mais au lieu de paniquer comme on s’y attendrait, la population de Jericho garde son calme… du moins jusqu'à ce que tout dégénère progressivement.


Ce qui rend Jericho à la fois fascinant et parfois frustrant, c’est que malgré l’ambiance de fin du monde, la série prend le temps de se concentrer sur des dilemmes locaux très "petits drames de voisinage". Vous vous attendez à des scènes de chaos total, avec des hordes de survivants en panique ? Eh bien, non. Ici, on gère les choses à la mode Jericho : lentement, avec des réunions de conseil municipal et des discussions sur la gestion des réserves de nourriture. Oui, c’est l’apocalypse, mais les priorités restent locales. Entre deux menaces nucléaires, on se demande surtout si la fête du maïs aura bien lieu cette année.


Les personnages, quant à eux, sont un mélange de stéréotypes apocalyptiques. Jake, notre héros taciturne et mystérieux, est évidemment le gars qui, malgré son passé trouble, est le seul capable de sauver la ville (parce que chaque série de ce genre a besoin d’un type au passé trouble qui se révèle être un héros). À ses côtés, on a une galerie de personnages plus ou moins attachants : le maire bienveillant qui essaie de garder la tête froide, les voisins suspicieux qui deviennent de plus en plus paranoïaques, et bien sûr, les amoureux séparés par l’apocalypse, mais qui continuent à se lancer des regards langoureux comme s’ils étaient dans une comédie romantique.


Un des aspects les plus surprenants de Jericho est à quel point tout le monde semble relativement propre et bien coiffé pour des gens qui sont censés survivre à une apocalypse nucléaire. Les cheveux des personnages sont toujours impeccables, leurs vêtements à peine froissés, comme si une explosion nucléaire ne causait que de légers désagréments capillaires. On attendrait presque qu’une scène montre quelqu’un en train de voler des produits coiffants plutôt que de la nourriture.


Visuellement, la série fait de son mieux avec un budget limité. Ne vous attendez pas à des effets spéciaux époustouflants : les explosions nucléaires sont surtout visibles à l’horizon, et les scènes d'action se concentrent davantage sur les tensions humaines que sur des batailles épiques contre des mutants ou autres créatures apocalyptiques. Ce qui n’est pas nécessairement un défaut, car la série veut avant tout montrer comment une petite communauté réagit face à une catastrophe d'une ampleur inimaginable… même si parfois, on aimerait que ça aille un peu plus vite.


Le problème, c’est que le rythme de Jericho est souvent aussi lent que la croissance du maïs dans les champs environnants. Il y a des moments où l’on attend désespérément que quelque chose d’important se produise, et au lieu d’une grande révélation ou d’un danger imminent, on se retrouve à suivre une énième réunion entre les habitants de la ville. Les intrigues secondaires, qui devraient servir à approfondir l'univers et les personnages, finissent parfois par noyer l’intrigue principale sous une couche de drame domestique pas toujours passionnant.


Cela dit, Jericho sait tout de même créer une atmosphère de mystère. L’isolement de la ville et l’absence totale d’informations sur ce qui se passe ailleurs créent une tension sous-jacente, et vous vous surprendrez à vous demander ce qu'il se passe vraiment dans le reste du monde. Certains arcs narratifs, notamment autour de la provenance des attaques et des jeux de pouvoir qui commencent à émerger dans cette nouvelle réalité, sont captivants, mais ils mettent parfois un peu trop de temps à se développer.


En résumé, Jericho est une série post-apocalyptique qui fait le choix audacieux de se concentrer sur la survie communautaire plutôt que sur le chaos total. Si vous aimez les drames humains avec un soupçon de mystère et que vous n’êtes pas pressé de voir des explosions à tout-va, vous apprécierez ce voyage dans une petite ville où l’apocalypse est gérée avec autant de calme que les réunions de conseil municipal. Mais si vous espériez une action frénétique et des scènes de survie intenses, vous pourriez bien vous retrouver à regarder Jericho en attendant que quelque chose de plus explosif se produise... enfin, à part les bombes nucléaires.

CinephageAiguise
6

Créée

le 30 oct. 2024

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