Au vu des nombreuses critiques enthousiastes, j’ai sans doute abordé My Dearest avec des attentes très élevées… et ma déception a été à la hauteur de cette attente.
Grande admiratrice de Namkoong Min et appréciant beaucoup Ahn Eun-jin (vue dans Hospital Playlist et The Good Bad Mother), je me suis installée avec enthousiasme, impatiente de découvrir ce drama. Les débuts sont prometteurs, la scène sur la plage est juste sublime. Mais très vite, un parfum de mélodrame à la Autant en emporte le vent m’a laissée à distance, un sentiment qui n’a cessé de s’installer au fil des épisodes.
Mon ressenti tient à un déséquilibre entre le fond et la forme.
Sur le fond, j’ai regretté un manque d’approfondissement, à la fois dans la psychologie des personnages et dans le contexte historique pourtant riche. L’invasion mandchoue et la position délicate du Joseon face aux Qing, dans la continuité de son alliance avec les Ming, constituent un moment clé de l’histoire coréenne. Pourtant, cette dimension reste souvent en arrière-plan, esquissée plutôt qu’explorée. La guerre devient davantage un décor au service du mélodrame qu’un véritable enjeu historique, et la complexité internationale du conflit s’efface au profit d’un récit centré presque exclusivement sur la souffrance coréenne.
Certains aspects restent néanmoins intéressants, notamment le regard porté sur les femmes pendant la guerre, leur vulnérabilité sociale après la captivité, ou encore la violence du jugement masculin envers celles qui ont été « vues » ou « touchées » par un autre homme. Ces thèmes sont forts, mais ils auraient mérité d’être approfondis dans une perspective plus large, tant ces enjeux dépassent le seul cadre national.
À l’inverse, la forme est particulièrement appuyée : photographie somptueuse, musique très présente (avec les mélodies immédiatement reconnaissables de Kim Feel), mise en scène spectaculaire multipliant les mouvements de caméra et les effets visuels. Le drama est indéniablement beau, porté par deux acteurs d’une grande intensité, mais cette recherche d’émotion m’a souvent semblé trop démonstrative.
Ce qui m’a le plus manqué, au fond, c’est une émotion véritable. Tout semble construit pour la provoquer : ralentis, regards prolongés, séparations répétées, musique omniprésente. Mais à force de voir les mécanismes à l’œuvre, je suis restée à distance. L’émotion ne naît plus naturellement des situations ou des personnages : elle est orchestrée, soulignée, presque fabriquée. À certains moments, la série m’a fait l’effet d’un sapin de Noël dont toutes les guirlandes clignotent en même temps : l’effet est là, mais il finit par devenir trop visible pour être réellement touchant.
C’est sans doute ce qui explique aussi mon ressenti face au jeu de Namkoong Min. La performance est indéniablement maîtrisée, précise, élégante. Mais elle m’a semblé davantage technique qu’incarnée, comme si chaque geste et chaque regard étaient parfaitement contrôlés, sans jamais laisser apparaître une véritable faille intérieure. Le personnage reste mystérieux, mais ce mystère ne se transforme pas toujours en profondeur émotionnelle.
L’histoire d’amour elle-même m’a laissée plus sceptique que touchée. Les séparations et retrouvailles se répètent, les malentendus s’accumulent, et j’ai eu du mal à croire pleinement à la naissance et à l’évolution du lien entre les deux personnages. L’évolution de Gil-chae reste intéressante, et le mystère autour de Jang Hyeon entretient l’attention, mais l’ensemble m’a paru trop étiré.
Lorsque j’ai découvert que la série comptait plus de vingt épisodes, j’ai eu le sentiment que cette longueur servait surtout à retarder l’aboutissement de leur relation plutôt qu’à enrichir réellement le récit. Malgré ses qualités évidentes, je suis restée à distance jusqu’au bout.
Je comprends l’engouement pour sa beauté visuelle, son ambition et l’intensité de ses interprètes.
Je suis restée spectatrice d’une œuvre admirablement façonnée, sans jamais être pleinement habitée par son histoire.