Excellente série qui explore les conséquences de ce qui pourrait être une expérience de pensée : la possibilité de dissocier entièrement votre être entre le travail et votre vie privée, sans que l'un ni l'autre n'ait de souvenir de l'existence de son alter ego.
Dans une entreprise, Lumon, qui rappelle par de nombreux aspects un regime totalitaire ou une secte, vous suivez le bureau de raffinage des macrodonnées qui se soulève peu à peu contre le poids de la hiérarchie et la dissociation pour des raisons différentes et qui s'exacerbent durant la saison (l'amour d'un collègue pour Irving, la découverte d'un fils pour Dylan, la perte de son meilleur ami pour Mark et l'incompréhension de son emprisonnement pour Helly).
La trame globale est excellente, même s'il faut convenir que la saison 1 pêche peut-être par un excès de lenteur dans les premiers épisodes, que des cliffhangers bien pensés viennent contrer. Les derniers épisodes apportent d'ailleurs un niveau de tension impressionnant.
Beaucoup de bonne idées dans le monde des "innies" chez Lumon, notamment la religion développée autour de Kier Eagan (perpetuity wing avec son musée, le guide rédigé en plusieurs versions, l'iconographie créée par optics and design) et la diversité des bureaux dont la raison d'être est difficile à saisir et qui craignent chacun les autres sections qui auraient lancé une révolution sanglante ou seraient composées d'êtres malveillant et difformes.
Le jeu d'acteur est excellent, mais j'ai été particulièrement marqué par Tramell Tillman en Milchick, en employé de Lumon au rôle trouble et mouvant (gardien de bureau, bourreau, gentil organisateur des temps de détente, etc.)
L'esthétique enfin est particulièrement dérangeante en opposant un Lumon aseptisé aux lumières artificielles et aux couleurs pastelles vieillottes, et un monde extérieur plus sombre et marqué par son "imperfection" illustré par le désordre de la cave de Mark.