The Mist
4.5
The Mist

Série Paramount Network (2017)

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Quand le brouillard est plus dense que le scénario

The Mist, c’est un peu comme si tu te retrouvais coincé dans une salle de cinéma avec un brouillard épais qui envahit l’écran… sauf que le véritable mystère n’est pas ce qui se cache dans le brouillard, mais pourquoi tu es encore en train de regarder. Adapté du classique de Stephen King, The Mist aurait dû être une série angoissante, pleine de suspense et de terreur, où le danger rôde à chaque coin de rue — enfin, à chaque coin de nuage opaque. Mais au lieu de ça, c’est un épais nuage d’ennui qui enveloppe cette adaptation ratée.


L’histoire se déroule dans une petite ville américaine typique, où un mystérieux brouillard s’abat soudainement, piégeant ses habitants dans une purée de pois surnaturelle. Le problème ? Ce n’est pas juste de la météo capricieuse : le brouillard semble abriter des créatures monstrueuses, des hallucinations terrifiantes, et des phénomènes inexplicables qui transforment cette ville tranquille en un cauchemar. Enfin, ça, c’est sur le papier. Dans la pratique, The Mist passe plus de temps à nous montrer des personnages qui s’engueulent et errent dans le brouillard comme s’ils cherchaient leur voiture sur un parking mal éclairé.


Le gros souci de The Mist, c’est son rythme. On te vend du suspense, mais ce que tu obtiens, c’est une série qui avance à la vitesse d’un escargot sous somnifères. Les scènes censées être tendues ou terrifiantes finissent par ressembler à une promenade ennuyeuse dans un nuage de fumée d’Halloween bas de gamme. Le mystère autour du brouillard devient rapidement secondaire, car les personnages passent leur temps à faire du surplace — littéralement et figurativement. Tu te retrouves à attendre que quelque chose, n'importe quoi, se passe, mais à part quelques jump-scares mal placés et des disputes de groupe sans grande profondeur, le brouillard semble plus dense que l'intrigue elle-même.


Les personnages, parlons-en. On a droit à un casting qui se débat autant avec le brouillard qu'avec des dialogues aussi flous que la météo. Chaque personnage est un cliché ambulant : la famille dysfonctionnelle, le rebelle incompris, le prêtre qui perd la foi, la lycéenne traumatisée… et aucun ne parvient à briser la brume de banalité qui les entoure. Chacun de leurs conflits semble aussi artificiel que le brouillard qui les entoure. On aurait espéré un peu plus de profondeur émotionnelle, un peu plus de nuances, mais au lieu de ça, on se retrouve avec des échanges qui ressemblent à une mauvaise répétition d’un soap-opera de fin de soirée.


Et puis, il y a le brouillard lui-même, qui devrait être la vraie star de la série. Après tout, c’est The Mist, pas Les Drames D’un Supermarché Banal (coucou le film de 2007). Mais là encore, grosse déception. Le brouillard, censé être effrayant, est plus souvent un prétexte pour cacher des effets spéciaux douteux. Les créatures qui s’y cachent ? Presque inexistantes. Et quand elles apparaissent, tu te dis que tu as vu des monstres plus convaincants dans des jeux vidéo des années 90. L’horreur psychologique, censée jouer sur la paranoïa et la peur de l’inconnu, est ici diluée dans des sous-intrigues sans grand intérêt.


Là où le film de Frank Darabont (adapté de la même nouvelle) avait réussi à créer une tension palpable et un sentiment d'urgence, cette série semble étirer son intrigue sans but précis. Les habitants de la ville sont confrontés à des menaces aussi intangibles que le brouillard lui-même, mais tout ça manque de clarté, d’impact et, surtout, de conséquences véritablement terrifiantes. On passe plus de temps à se demander quand quelqu'un va enfin prendre une décision intelligente qu'à frissonner devant l'horreur.


Visuellement, The Mist n’est pas non plus à la hauteur. Le brouillard lui-même, censé être oppressant et omniprésent, finit par ressembler à un effet spécial bon marché qu’on a déjà vu mille fois. Les scènes en extérieur sont répétitives, et les moments en intérieur (souvent dans des lieux aussi passionnants qu’un centre commercial ou une église) ne font qu'ajouter à la sensation de tourner en rond. Il y a une absence de créativité visuelle qui fait que, même quand le brouillard s’épaissit, tu ne ressens pas vraiment le poids de l'atmosphère suffocante qu'il devrait créer.


Les rares moments où The Mist essaie d’aborder des thèmes plus profonds (comme la peur de l'inconnu, la perte de repères moraux, ou la façon dont les humains deviennent des monstres face à la survie) tombent à plat. Le traitement est trop superficiel, trop précipité, et parfois même involontairement comique. Tu te retrouves à soupirer plus souvent qu'à t’angoisser, et c’est franchement dommage pour une série qui avait, sur le papier, le potentiel de te donner des sueurs froides.


En résumé, The Mist est une série qui aurait dû être un thriller oppressant et psychologiquement perturbant, mais qui s’égare dans une brume d’ennui, de dialogues creux et d’effets spéciaux décevants. Ce qui aurait pu être une expérience immersive et haletante se transforme en une longue errance dans un brouillard sans fin, où même l’horreur semble avoir perdu son chemin. Si tu cherches des frissons, passe ton chemin, car ici, même le brouillard ne parvient pas à cacher les défauts de cette adaptation ratée.

CinephageAiguise
4

Créée

le 22 oct. 2024

Critique lue 4 fois

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