The Newsroom : HBO, info et mind blow (et rimes en “o”)
The Newsroom est sans aucun doute l'un de mes gros coup de coeur de l'été. À la fois divertissante, touchante et instructive, cette série mérite clairement le coup d'oeil.
Réalisée par Aaron Sorkin à qui l’on doit notamment l’excellent film The Social Network, la première saison de The Newsroom s’est terminée en août sur la chaîne américaine HBO. Cette série suit le quotidien, professionnel et personnel, de l’équipe de journalistes de la chaîne d’info en continu fictive ACN . Si cette dernière n’existe donc pas (mais s’inspire énormément de CNN vous l'aurez deviné), tout le contexte et le reste de la série se basent sur des évènements réels et récents.
La première saison de The Newsroom est composée de 10 épisodes d’une heure chacun. Malgré ce format conséquent et le pitch pas forcément des plus sexy, cette saison se dévore véritablement (personnellement en une semaine c’était mangé). L’histoire débute lorsque Will McAvoy (incarné par un excellent Jeff Daniels aux répliques, au jeu et au ton magiques), le présentateur vedette du JT principal commet une erreur qui va lui coûter cher puisque toute son équipe et son producteur vont le lâcher et être remplacés par des gens qui lui seront imposés. Son nouveau producteur notamment n’est autre que son ex-femme (jouée par l’attachante Emily Mortimer) et les tensions et conflits démarrent sur les chapeaux de roue. Encore une fois, le personnel et le professionnel se mélangent et font des merveilles au niveau des réactions et attitudes des personnages.
Grosse chaîne oblige, les contraintes, les manœuvres et les difficultés des journalistes sont nombreuses et le stress qui en résulte est extrêmement bien retranscrit. On en apprend beaucoup sur les méthodes et les coulisses de ce genre d’entité au pouvoir certain et on ne s’ennuie pas une seconde. Les débats sur la diffusion ou non d’un sujet, la manière de le traiter, privilégier la déontologie ou la précipitation (l’épisode sur la mort de Ben Laden par exemple est parfaitement maitrisé)… autant d’aspects abordés qui rendent le sujet et chaque épisode passionnant. À titre personnel, c’est l’une des premières séries au pitch et à l’univers assez classiques et contemporains à laquelle j’accroche autant. Je préfère habituellement les séries de SF ou aux thèmes plus loufoques, The Newsroom est une exception.
Why America is the greatest country in the world ?
Le montage, les dialogues qui fusent et qui font mouche ou encore la musique… tous ces éléments font que malgré le sujet du journalisme qui pourrait paraître un peu lourd, The Newsroom passe tout seul et on se retrouve rapidement stressé et sous tension avec la rédaction devant son écran. Les personnages sont attachants, assez réalistes dans leurs réactions et on est très vite lié à la fois à leur boulot et à leur vie sentimentale. Quelques amourettes de bureau - un poil nian-nian par moment mais globalement touchantes - viennent ponctuer agréablement la série. Et, il faut le dire, le casting est excellent (je ne dis pas ça que parce que presque toutes les femmes de la série sont magnifiques coucou Olivia Munn, veux-tu m’épouser ? )
Si ces amourettes sont par moment un peu cousues de fils blancs, le reste du scénario est excellent et je n’ai au final pas grand-chose à reprocher à cette série. Seule la fin laisse un sentiment un peu amer puisqu’il n’y a pas de cliffhanger de folie et le léger aspect « donneur de leçon » de la série pourra en agacer certains. J’attends pourtant la S02 avec presque autant d’impatience que la S03 de Sherlock (que je vous conseille vivement en passant), dont je suis vraiment en manque. Émotion, tension, humour et réflexion sont autant d’ingrédients présents dans cette série qui mérite vraiment d’être vue.
Comme The Social Network, Aaron Sorkin nous livre ici une série intense et captivante malgré un thème pas forcément des plus séduisant au départ. Sur senscritique, j’ai longuement hésité entre lui attribuer 8 ou 9 sur 10. Ce sera finalement 9. Malgré quelques micros-longueurs, quelques amourettes un brin mièvres, un final bon mais pas exceptionnel, la série passe bien trop vite (un signe de qualité) nonobstant la durée conséquente de chaque épisode ! Je conseille fortement The Newsroom à tous ceux qui ont aimé The Social Network, mais aussi à ceux qui voudraient en apprendre plus sur le monde du journalisme dans une grande chaîne américaine, et à ceux qui tout simplement apprécient les séries au rythme et aux répliques intenses !