Quand on trouve une belle voix, on ne rate pas le coche. C’est ce qu’on dut se dire Eddie Bezalel et Hugo Nicholson en découvrant Alela Diane. Les deux producteurs avaient dans l’idée depuis longtemps d’initier une série d’albums de reprises de chansons n’ayant pas eu le succès mérité à l’époque de leur sortie. Vœu pieu de la part de 2 fous de musique qui aiment travailler à l’ancienne. Bezalel et Nicholson aidés par le DJ David Holmes ont choisi les titres, les musiciens et après en sont restés à leur rôle de producteur. Ils ne jouent pas sur le disque, comme dans les années 60 où certains producteurs étaient plus fameux que les artistes qu’ils produisaient (pensons aux productions Phil Spector, Lee Hazelwood…). Les arrangements mais aussi les instruments rappellent les années 60 où l’on préfère user d’un orgue, d’un piano, d’une trompette que d’un clavier.
Cette patte musicale permet de faire de reprises hétéroclites un album homogène. Alela Diane apparaît comme la digne héritière de ces égéries des années 60, une Nancy Sinatra nouvelle génération. La track list parlons-en, faîte de choix évidentes (Here before de Vashti Bunyan, voire Nobody’s baby now issu de la période crooner de Nick cave), de vraies découvertes (la palme revenant à Linda Perhacs et son magnifique Hey, who really cares ; mais il y aussi le blues de Juicy Lucy qui dévient aussi hypnotique que le chant des sirènes) et des surprises. On n’attendait pas forcément là entendre le folk dépressif du culte Daniel Johnston se lover dans un écrin luxueux. Ni retrouver un titre des rockeurs Jesus and Mary Chain, Headless heroes montrant que derrière les guitares dégoulinantes et les larsens, il y a bien un cœur pop qui bat. Le cahier des charges est donc respecté et même plus que ça, The silence of love pourra enchanter quelques moments de votre vie.