Quand j'étais tout petit, je gribouillais de frustration sur "le tour de Gaule d'Asterix" avec mes feutres, subodorant déjà, à la vision des ces vignettes colorées, que je passais à coté de quelque chose.
Un peu plus tard, je rattrapais mon retard, et dévorais sans mesure les péripéties du p´tit blond et du grand rouquin, et bon dieu! Que je me marrais!
Plus je les relisais, et plus je saisissais, les années passant, le double langage, les sous entendus, les hommages, les messages, les trésors jusqu'ici invisibles que contenaient encore tous ces albums.
Quand Uderzo a repris tout seul, c'est à dire quand les jambes ont voulu continuer sans la tête, ben je crois bien que le ciel m'est tombé dessus. Sauvons Le grand fossé (titre évocateur!) et Astérix chez rahazaade, mais tout alla de mal en pis ensuite. J'achetais et lisais par respect plus que par goût. Comme on visite une vieille tata malade, par devoir plus que par envie.
Aujourd'hui plus de tête. Plus de jambes. Un trait que je ne reconnais plus. Un talent scénaristique qui n'arrive pas à la semelle de l'illustre Goscinny.
Alors voilà, je sais, c'est triste, mais il vous faut l'entendre: Astérix est mort.
Il était déjà mal en point, le pauvre, très fatigué... Tout cassé par les atlantes, tout sali par les tswaldiniens, tout traumatisé par les élucubrations de son dessinateur d'origine, un petit vieux qui le maltraitait depuis dix albums.