Nous sommes au XXIème siècle, vraisemblablement dans le futur. Où en est le réchauffement climatique ? On ne sait pas. Le grand sujet de préoccupation est tout autre : on ne peut plus lever les yeux et regarder le ciel ! Merci Solaris, une espèce d’œil planté au-dessus de nos têtes et qui scrute ce qui se passe ici-bas depuis une dizaine d’années. Si vous le regardez, vous ne serez pas changés en statue de pierre mais Solaris lancera un œuf de Demi sur Terre.
Les Demis ne sont pas le genre de choses que vous souhaitez commander dans un bar : ce sont des monstres, de forme et de taille diverses. Rangées en 5 catégories ils font du dégât et doivent être éliminés de manière bien précise. Enfin ça c’était avant. Avant que Q (prononcez « kou ») ne débarque d’on ne sait trop où. La jeune fille curieusement dotée au niveau des mains croque les demis en un coup. Trop facile. Elle va bouleverser le quotidien des personnes qui croisent sa route, notamment Rem et Mana, deux jeunes adultes qui s’occupent d’orphelins. Rem tâche de trouver de la nourriture pour sa « grande famille », de manière plus ou moins musclée. Ce mystérieux borgne, pas mauvais pour frapper du Demi, veut protéger les siens, objectif partagé par Mana, jeune femme qui fredonne une chanson de temps en temps et qui peut être terrifiante… Survivre est leur objectif dans un monde passablement divisé.
Le monde de Q, tel qu’il se laisse entrapercevoir dans ce premier tome est traversé par trois grandes divisions :
- Une division spatiale, entre la ville haute, espèce de bulle coupée du monde avec un faux ciel et réservé aux « dominants » et un paysage marqué par les combats, les ruines, où vivent le reste de la population (Rem, Mana…) qui doit se débrouiller pour survivre.
- Division du côté de la lutte contre les Demis : l’armée/la défense nationale avec à sa tête un colonel qui n’a que le mot succès à la bouche et qui dépense sans compter (les recettes fiscales collectées) pour avoir le meilleur joujou possible pour éliminer les Demis d’un côté et le U7 de l’autre, des mercenaires de haut niveau financés par quelques hauts placés de la ville haute. Leur chef a quelques comptes à régler avec Rem d’ailleurs…
- Division enfin entre une situation post-apocalyptique orientant la série vers le sérieux et des moments ainsi que des personnages qui injectent une dose d’humour, un décalage bienvenu.
Graphiquement le nombre de cases par page est plutôt réduit, ce qui permet de ne pas surcharger et de se repérer aisément dans ce qui se passe, notamment les bastons contre les Demis. Le dessin de Tatsuya Shihira est détaillé pour ce qui concerne les Demis, le décor, les appareils utilisés (avion, moto…), un poil moins en ce qui concerne les personnages mais ils ne sont nullement maltraités, bien au contraire. On s’amuse à voir la tête de Q quand elle se fait frapper par Rem ou quand elle goûte à un donut pour la première fois… alors qu’elle est impitoyable quand vient l’heure d'ngloutir un Demi. L’habit ne fait pas le moine, c’est aussi vrai pour Q, la Gluttony du manga.
Du côté de l’édition proposée par Ki-oon : les petites histoires drôles en fin de chapitre font sourire (notamment la version Q du petit chaperon rouge). La traduction de Géraldine Oudin est fluide, pas d’arrêt en cours de lecture. La couverture est parsemé de petites étoiles qui scintillent à la lumière (Last Hero Inuyashiki tu as un adversaire !) et sur laquelle on note la présence du sac Sweet Donut deux fois. Egalement présent sur la première page (couleur) comme dans les chapitres on ne peut que se demander si les donuts seront la potion magique de la série ? Q semble largement les préférer aux Demis…
Ce premier tome se révèle donc assez intrigant. Les bases sont bien posées, il n’y a pas de précipitation. L’entrée en matière est prometteuse. Voyons ce que donnera la suite pour savoir si le manga sera un beau Q (prononcez « kou ») !