La première chose qui frappe avec A Beautiful Day (You Were Never Really Here, de son titre original) c'est l'affiche, elle est claire, nette et précise MAIS "Le Taxi Driver du 21e siècle" nous donne limite envie de pas aller le voir du coup ... Bref, le film :
Les personnages sont excellemment bien écrits, un Joaquin Phoenix monstrueux il paraît immense et animal avec la pilosité qui ajoute au personnage. Il est plus que crédible et est, malgré notre difficulté a comprendre ses potentiels crises liées à un possible stress post-traumatique, accessible. Il semble oppressé par tout ce qui l'entoure excepté lorsqu'il est chez lui ou lorsqu'il exerce son hobbie


Joe est très calme en présence de sa mère, lorsqu'il refroidie les deux gus présents chez lui il se couche par terre et chante avec l'un des types, vengeance plutôt calme. Lorsqu'il orchestre ses massacres c'est silencieux, notamment via la caméra de surveillance de la maison des vices.


Nina qui semble être au début une pâle copie de l'enfance trouble de Joe est en fait un personnage beaucoup plus poussé que cela et notamment vis à vis de sa véritable histoire **/!** cliffhanger.
En parlant de l'histoire, le scenario est crédible et ce malgré les basiques


hommes politiques pédophiles pleins de pouvoir (ça nous rappelle pourquoi nos hommes politiques ont décrétés que la majorité sexuelle commence plus tôt que la majorité administrative ahah). Pleins de pouvoirs ? Pas tant que ça, leur protection rapprochée reste censée : 2,3 hommes pas une armée.


Les flashbacks n'envahissent pas le présent, ils sont judicieusement ajustés et se suffisent pour la compréhension du passé de Joe.
Pour finir le son et l'image sont maîtrisés, la musique qui n'est qu'utilisée à bon escient nous donne encore cette impression d'oppression du monde extérieur sur Joe. Le montage est excellent bien qu'EXTREMEMENT frustrant lors des massacres.


La seule déception : on n'est pas vraiment dans ce qu'on pourrait appeler une catharsis et voir du pédophile se faire violenter ça fait pas de mal. Le problème est que ça en fait aussi une qualité, puisqu'on ne tombe pas dans la violence facile ...

PaulPerreaux
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le 16 nov. 2017

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Paul Perreaux

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