La moisson de récompenses obtenues par Anora m’a décidée à écrire cette critique. Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose, mais je ne ressens ni doute comme cela peut m’arriver parfois, ni désir de lui redonner une seconde chance.
Anora c’est quoi ? Des personnages sans intérêts, des dialogues d’une nullité abyssale, une histoire creuse.
Le réalisateur a choisi de donner place à l’improvisation. C’est louable, sauf que l’improvisation, quel que soit le domaine, ça se travaille. Et là, très clairement, les acteurs n’ont aucune maîtrise et savoir-faire. Les dialogues donnent à certains moments l’impression d’une hémorragie verbale qui tourne en boucle et qui donne un sentiment de lassitude, au point que lorsque Ani s’est trouvée bâillonnée sur le canapé, j’ai poussé un soupir de soulagement : enfin ils ont réussi à la faire taire ! Je ne suis pas sûre que c’était l’effet recherché …
La vacuité de ce monde aurait pu être dépeint avec intelligence, mais ici, il n’y a aucun propos. Il est possible de peindre des personnages sans consistance de façon consistante, mais là, c’est juste inconsistant. Le monde des oligarques russes aurait pu donner lieu à un scénario bien plus substantiel, mais on reste sur notre faim. Le rythme n’est pas maîtrisé, ça n’avance pas, ça tourne en rond.
Le réalisateur aurait voulu transposer l’histoire de Cendrillon. Sauf que Cendrillon, comme tous les contes, a une portée initiatique, le lire au premier degré c’est passer complètement à côté.
Tant mieux si Anora a touché des spectateurs, pour ma part je n’en ai rien retiré. Par contre, je n’arrive pas à avaler qu’il ait « convaincu » autant de jury et encore moins à digérer que la palme d’or lui ait été attribuée et non au film intelligent et magnifique : Les Graines du figuier sauvage.