Two Lovers
Avec cette mise en scène, que ne renierait pas Wong Kar Wai version In the mood for Love, la discrétion des sentiments sied parfaitement à une nomenclature esthétique au souffle court, qui fait...
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le 13 janv. 2016
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Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'un parapluie et d'une machine à coudre, dixit Lautréamont, qui a confondu l'extraterrestre Cate Blanchett avec un appareil ménager (ou bien une araignée des temps modernes, c'est la même chose, ça tisse).
Si j'ai quelques réserves sur le fétichisme de la reconstitution qui donne lieu à des plans totalement gratuits ralentissant et empesant sérieusement l'ouverture du film, ainsi qu'à une image belle mais terne, je trouve fascinante la façon dont la lourdeur archétypale du scénario est toujours remise en jeu par les deux actrices. Cate Blanchett surtout m'a ému, par la puissance de son jeu ultra-maîtrisé, clown déchu de son pouvoir d'amuser. C'est d'ailleurs son personnage qui est magnifié par le récit, le film se faisant le portrait d'une grande initiatrice, prête à tout abandonner pour s'émanciper, et peut-être ne pas émanciper qu'elle (c'est là que l'histoire est belle). La fin est une réussite - dans le suspens de la décision que doit prendre Thérèse, Todd Haynes multiplie les pistes, toutes plus tristes les unes que les autres, par une mise en scène toute en suggestions, jusqu'à ce que réponse soit donnée au problème posé, car les réponses existent.
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le 17 janv. 2016
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