Vingt ans après la tentative du cinéma français d'offrir aux spectateurs des films de genre à gros budget qui s'est soldée par un échec retentissant (bon, en même temps, les films en question, c'était Belphégor et Vidocq, seuls Les rivières pourpres et Le Pacte des Loups s'en sont mieux sortis), v'là t'y pas qu'Alain Attal essaye de nous refaire le coup et propose au monde entier - l'effet Netflix!! - la rédaction de CP de son petit Douglas qui est donc devenu le premier blockbuster de super-héros français.
Enfin, quand je dis blockbuster, j'exagère, j'imagine bien que Comment je suis devenu super-héros ne bénéficiait pas d'un budget digne des Avengers et autres Justice League, d'ailleurs, à aucun moment je n'ai pris en considération la comparaison entre les mastodontes hollywoodiens et notre tout petit film dans l'ambition, toujours est-il que le film de Douglas Attal fait quand même de la peine au point que ç'en devient gênant ou ridicule à certains moments. Bon, déjà, le scénario qui ressemble à une V1 qu'on a validé trop tôt, les dialogues sont trop explicatifs et récités plutôt que vécus et des choix pour l'intrigue plus que discutables
Pïo Marmaï se fait tirer dessus, il est flic, mais ils ne vont pas à l'hôpital?? Déjà que c'était pas génial, mais à partir de là, l'intrigue devient ubuesque
, la mise en scène est vraiment très plan-plan avec aucune montée en tension sur la fin qui est d'une platitude absolue et les comédiens font la gueule tout le film (ah, on me dit dans l'oreillette que c'est le cas de 95% des films français), il n'y a aucun plaisir à les voir jouer mais en même temps, ils ont tellement l'air de se faire chier (moi aussi) et c'est d'autant plus con qu'apparemment, c'est considéré comme une "comédie" enfin si on peut appeler comédie le fait que ton protagoniste - pour montrer qu'il est dans la dèche - se sert du lait mais... trop marrant, la bouteille est vide!! Ha ha ha, trop des barres!!
Mais en fait, je pense que c'est ça le problème du film : non seulement Attal Jr. n'a pas beaucoup de talent, mais quand en plus c'est lié à un formatage, ça donne ce genre de résultat : un mec qui repompe ce qu'il a vu dans les films américains, en y retirant tout le côté fun (et quand je dis fun, je ne dis pas qu'il faut rire à s'en tenir les côtes, tu prends Kick-Ass, c'est drôle mais y a surtout un propos) et le rendre chiant et avec des tentatives superficielles de créer de l'émotion à l'image du flash-back où le personnage de Leïla Bekhti raconte
la mort de Gigaman (putain, le blase de loser)
qui ne fonctionne pas - comme la plupart des autres aspects du film. Et je ne parle même pas de la fadeur des personnages : aucun n'est attachant sauf à un ou deux moments celui de Poelvoorde, du coup, difficile de vibrer pour eux.
Bref, Comment je suis devenu super-héros se vautre dans ce qu'il tente de faire, c'est juste du niveau CP en terme d'écriture et à peine le niveau seconde option audiovisuel en ce qui concerne la mise en scène, un film qui manque d'âme et de tripes!!