Je ne m'attendais pas à rire devant un film de Kubrick. Pourtant, Docteur Folamour emploie superbement humour noir et absurde pour émettre une satire de la guerre froide, la bombe nucléaire, et autre théories scientifiques de l'époque. Kubrick use vraiment de tous les angles de son sujet pour amener la dérision, à tous les fronts, et sur un rythme plutôt pêchu. Par ailleurs, la mise en scène est très propre, offrant un noir et blanc stylisé dans ses contre-plongées et jeux d'ombres sur les visages ; le tout à travers un ratio de 1.66 qui revêt presque du format Imax et rend les scènes plus grandioses, notamment cette salle de guerre, ou alors les séquences du bombardier. Mémorables, aussi, sont les acteurs. En particulier George C. Scott, et ses expressions faciales grotesques et hilarantes qui appuient le ridicule du film (malgré lui), ainsi que Peter Sellers, contraint de jouer trois personnages aux caractères bien distinctifs, qui font tout le sel de certaines scènes. Toute cette harmonie d'extravagance et de simplicité rend ainsi l’œuvre foncièrement fascinante.