Et bonjour...
Hier, je suis allé voir le film le plus barré de toute ma vie. Un des plus beaux, des plus drôles et des plus intenses, mais incontestablement le plus barré.
Au fil des âges du cinéma, et avant cela de la littérature, nous n'avons pas manqué d'auteur.e.s pour se dire "tiens, je vais faire un truc complètement fou que personne n'a jamais tenté" et qui se sont lamentablement vautré.e.s. On en connaît, il y en a même (beaucoup) qui sont régulièrement invités à Cannes et ailleurs.
Sauf que cette fois-ci, ça marche. Everything Everywhere All at Once est un film très long, 139 minutes, qui ne relâche que très rarement la pression. Et qui est à situer quelque part entre la trilogie Matrix et Un Poisson nommé Wanda, ou entre "What the Bleep? Down th Rabbit Hole" et "Ratontouille" (oui j'ai écrit Ratontouille, et c'est voulu). Et putain, croyez le ou non mais ça marche.
Une mère de famille épuisée se découvre la capacité d'aller dans des univers alternatifs pour aller emprunter des compétences à des versions alternatives d'elle même. Et, de fil en aiguille et de contrôle fiscal en bagel cosmique, elle en vient à risquer l'implosion mentale pour sauver le monde et sa fille. Bon, dit comme ça ça a l'air simple. Mais ajoutez à cela des flics assomés à coups de godes et des combats de catch avec introductions anales variées, et ajoutez pas mal de kung fu. Imprégnez le tout de sagesse taoïste et d'imagerie chamanique, saupoudrez de raton laveur et invitez Jamie Lee Curtis. Et vous savez quoi? Même en vous disant tout ça, parole je n'ai rien spoilé.
Parce que ce grand foutoir est d'abord une expérience complètement immersive. Cinéphile expérimenté, je ne compte plus les fois ou je me suis accroché aux accoudoirs en me disant "non putain, non ils vont pas faire ça?? Et ou si bordel, ils allaient au bout du truc et ça marchait.
Au final c'est un peu comme ces vidéos Youtube, qui compilent des cascades improbables et des gens rescapés d'accidents mortels: il y a un dieu pour les enfants, les inconscients et certains scénaristes, qui les sauvent in extremis et nous arrachent un sourire.
Et par les temps qui courent, garder la banane pendant deux heures...