Film tout en subtilité qui traite avant tout non pas de l’avancée technologique mais de la solitude humaine. Joaquim Phoenix impressionnant de justesse, il fait passer énormément le mal-être de son personnage.
Ambiance globale et univers bien posé, tout en retenue, un miroir cohérent avec les états d'âme des personnages. Des couleurs douces, chaudes, comme pour un cocon. Sauf justement pour les plans et actions se déroulant dans le monde extérieur qui sont plus froids, agressifs - reflet de cette société déshumanisée où les échanges ne sont plus que via interface, numérisés, et où tout contact devient désespéré.
Les seconds rôles apportent une petite touche sympathique et montre que la solitude est généralisée dans cette société, et que chacun présente une incapacité à se lier durablement avec quelqu’un, avec qui il accepte d’être vulnérable et de partager des choix.
L'IA incarnée par Scarlett Johansson apporte une solution idéale à Théodore : il est heureux avec elle, elle le comprend, l'élève, le sublime. Il se sent entier avec elle. Leur relation questionne notre rapport à la technologie : elle nous isole les uns des autres, mais devient en même temps notre connexion émotionnelle, car elle est plus adaptée à nos besoins que notre voisin de chair et de sang. Spike Lee conserve une fin ouverte, il ne veut pas être moralisateur ou imposer une solution. A nous de savoir si le futur entrevu avec Her est enviable ou non.