En voyant ce film, que n'aurait pas renié un Woody Allen plus futuriste, c'est la tristesse du monde auquel on assiste, où il suffit qu'un homme tombe amoureux de la voix féminine de son O.S., alors qu'il n'arrive pas à se relever d'une rupture.
Cet homme, remarquablement joué par Joaquin Phoenix, vit en permanence avec l'oreillette qui le connecte à cette voix, qui le réconforte, qui lui parle comme jamais on a discuté avec lui, et qui a même droit à du sexe de sa part ! Il faut dire que cette voix, celle de Scarlett Johansson, a quelque chose de sensuelle, d'envoutante, et aussi incongrue que soit leur relation, ça a l'air de marcher. Jusqu’à ce que...
Il faut dire que le scénario écrit et réalisé par Spike Jonze a quelque chose de très incongru. Mais si l'histoire se situe dans un futur proche, c'est avant tout pour capter la solitude de nos existences qui nous pousse fortement à communiquer sur Internet, les réseaux sociaux, et plus forcément en face à face. Je ne fais pas de ce cas une généralité, mais la société nous pousse fortement au tout connecté, ainsi qu'à l'apparition de la réalité virtuelle.
On voit cela à travers le personnage joué par Phoenix, qui se révèle quasiment inadapté à la société, qui vit reclus à son bureau (qui consiste à écrire des lettres pour d'autres personnes sur Internet), incapable de lier une relation avec une femme, mais qui se réfugie dans le virtuel. Cela dit, le dernier plan du film reste magnifique qui peut laisser penser que tout n'est pas perdu et que l'amour peut (encore) se trouver dans le creux d'une femme.
Outre Phoenix, on trouve pas mal de personnages féminins comme Olivia Wilde, Amya Dams et Rooney Mara, celle avec qui le divorce fut. Tout ce monde gravite autour de lui, mais non, il reste amoureux de sa voix. Il y a notamment une très bonne scène où ce type se fait draguer par une beauté qui ne veut coucher avec lui, mais on voit bien qu'il a la tête ailleurs, en songeant à sa fameuse voix ; et si il la trompait ?
Je dirais que Her est un très bon film, dont j'ai peur quelque part qu'il devienne visionnaire...